Pour les trois partenaires, cette nouvelle étape doit permettre de renforcer l’avance technologique de cellcentric, d’accélérer son développement industriel et d’améliorer sa compétitivité sur le marché des piles à combustible pour poids lourds. L’objectif est également de soutenir le développement de toute la chaîne de valeur de l’hydrogène, depuis l’approvisionnement jusqu’aux infrastructures de ravitaillement.

Toyota apporte plus de trente ans d’expérience

En rejoignant Daimler Truck et Volvo au capital de cellcentric, Toyota apporte plusieurs décennies d’expérience dans le développement de la technologie des piles à combustible, acquise notamment avec la Toyota Mirai et différents programmes dédiés aux véhicules utilitaires.

Cellcentric conservera son statut d’entreprise indépendante et continuera de développer des solutions pour le transport routier, les autocars, le ferroviaire, les applications stationnaires ainsi que les engins hors route. Les trois constructeurs continueront en parallèle de se concurrencer sur leurs autres activités.

Des ambitions importantes malgré un calendrier repoussé

Fondée en 2021, cellcentric emploie aujourd’hui plus de 560 personnes réparties entre l’Allemagne et le Canada et revendique près de 700 brevets. En avril dernier, l’entreprise a dévoilé sa nouvelle pile à combustible BZA375, affichant une puissance de 375 kW, une consommation réduite de 20 % et une densité de puissance en hausse de 40 % par rapport à la génération précédente.

Cette dynamique technologique contraste toutefois avec un calendrier industriel plus complexe. La construction de l’usine de Weilheim an der Teck a pris un retard important, repoussant les premières livraisons industrielles à 2027 ou 2028. Le projet a connu plusieurs reports depuis son annonce, illustrant les difficultés auxquelles restent confrontés les différents acteurs de la filière.

Dans ce contexte, l’arrivée de Toyota apparaît avant tout comme un moyen de mutualiser les investissements et les coûts de développement entre trois des principaux acteurs mondiaux du transport lourd. Si le marché des camions à hydrogène demeure encore embryonnaire en Europe comme en Amérique du Nord, Toyota dispose déjà d’un retour d’expérience concret, avec une flotte ayant dépassé les 300 000 kilomètres parcourus en Europe. Cette expertise pourrait contribuer à accélérer la montée en puissance de cellcentric dans les prochaines années.