Le piège se referme sur l’économie française
La France doit investir davantage pour financer sa réindustrialisation et s’adapter au changement climatique, tout en réduisant un déficit public qui rogne ses marges de manœuvre. Mais les débats sur le budget 2027 et l’élection présidentielle compliquent cette équation.
En quelques mois, la croissance attendue en France aura été révisée trois fois à la baisse pour être finalement divisée par deux. Vendredi 11 septembre, le gouvernement a ramené sa prévision à 0,5 % pour 2026 contre 1 % en début d’année. La veille, l’Insee avait livré un diagnostic encore plus pessimiste avec une hausse du PIB limitée à 0,4 %, bien en dessous de celle des autres grandes économies de la zone euro. La France ne fait pas que ralentir. Elle menace de décrocher.
Le plus préoccupant est que ce décrochage ne peut pas être entièrement mis sur le compte des circonstances extérieures. Guerre au Moyen-Orient, renchérissement des prix de l’énergie, incertitudes géopolitiques, taux d’intérêt élevés : les autres grandes économies européennes y sont confrontées elles aussi. Aucune, à l’exception de l’Espagne, ne prospère franchement, mais toutes, même modestement, absorbent le choc. La France, elle, marque le pas. Le pays souffre donc aussi de faiblesses spécifiques, que la dégradation de la conjoncture ne fait qu’amplifier.
Certes, la canicule a pesé sur l’agriculture, les travaux publics ont subi le contrecoup du cycle électoral municipal et le marché du travail se dégrade. Mais ces facteurs conjoncturels ne doivent pas masquer une faiblesse plus profonde : les moteurs de la croissance s’essoufflent. Le pouvoir d’achat recule, la consommation piétine et l’investissement des entreprises repart à la baisse.
Le signal le plus inquiétant concerne l’investissement. Investir, ce n’est pas seulement dépenser davantage, c’est préparer la capacité de production de demain. Usines, infrastructures, énergie, numérique, défense : au moment où la France doit financer sa réindustrialisation et s’adapter au changement climatique, elle peine à investir à la hauteur de ces défis. Une économie peut supporter une année de consommation atone, mais elle ne peut durablement préparer son avenir en investissant moins.
Un piège est en train de se refermer sur le pays.

Voeux pieux!!
Si l’on avait pas désindustrialisé comme des forcenés pendant 40 ans, on n’aurait pas besoin de réindustrialiser maintenant, alors que notre dette est au plus haut.
Les responsables, dont nombre sont encore là, ont bien vécu et ne seront jamais jugés pour cette trahison des intérêts du pays et son avenir.!!