Quatre jours après son placement en redressement judiciaire, le travail a repris à la Fonderie de Bretagne, dans le Morbihan, après plusieurs mois d’interruption. Elus locaux et salariés veulent croire à une poursuite de l’activité du site, qui doit trouver 3 millions d’euros d’ici au 17 juillet, sous peine d’être liquidé.
Par Guillaume Roussange LES ECHOS
Mieux vaut tard que jamais. À la Fonderie de Bretagne de Caudan, l’adage résonne avec une singulière ironie, alors que l’activité a repris, lundi 6 juillet, après plus de six mois d’arrêt, mais quatre jours après la mise en redressement de l’entreprise. Des pièces – des porte-fusées, des boîtiers différentiels, mais aussi des prototypes de corps creux d’obus – sont sorties des chaînes pour Renault et Thalès, selon les représentants syndicaux de l’entreprise.
Et ce en dépit du non-versement des derniers salaires par le groupe Europlasma, en grande difficulté financière. Une manière pour les 240 salariés de prouver la viabilité du site et d’aider à trouver un repreneur capable de relancer réellement l’activité. Pour valider cette hypothèse, la fonderie doit toutefois trouver 3 millions d’euros, d’ici au 17 juillet prochain, sous peine d’être liquidée.
Reprise en main
Pour y parvenir, le tribunal de commerce, qui a nommé deux administrateurs et un mandataire, ainsi que les services de l’Etat ont totalement repris la main dans ce dossier ultrasensible.
Mardi, à l’issue d’un comité de suivi technique, les responsables syndicaux, CGT et CFE-CGC, ont indiqué que les salaires seraient versés « sous 48 heures », selon Maël Le Goff, secrétaire général CGT, grâce au fonds de garantie de l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS). Les députés locaux Jean-Michel Jacques (Ensemble) et Damien Girard (Ecologistes) veulent croire que l’Etat, grâce à des fonds placés sous fiducie, et Renault, autrefois propriétaire et principal client de l’usine, viendront à la rescousse du site. Au moins pour apporter la bouffée d’oxygène nécessaire au financement de la période d’observation qui pourrait être décidée après l’audience du 17 juillet.
Issue possible
Selon Jean-Michel Jacques, le dossier est suivi de près au ministère de l’Industrie où « des travaux sont en cours ». Avec la députée LFI Aurélie Trouvé, Damien Girard plaide de son côté pour une « nationalisation provisoire » de l’usine, une solution déjà proposée par l’élu mais qui est restée pour l’heure « sans réponse », selon lui.
« Les garanties attendues par le tribunal de commerce sont en bonne voie pour permettre la validation de la période d’observation. Une reprise effective de l’activité est espérée pour début octobre », ont indiqué Jean-Michel Jacques, Loïg Chesnais-Girard, président du Conseil régional, Fabrice Loher, président de Lorient Agglomération et Fabrice Vély, le maire de Caudan, dans une déclaration commune.

