La fonderie et Piwi

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Par : laurent kessler
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lundi 15 Juin, 2026
Catégorie : Economie

Reprise encore retardée à la Fonderie de Bretagne

Source: France 3

« Alors que l’activité devait reprendre sur le site de Caudan le mercredi 10 juin, la reprise du travail pour les salariés a été de nouveau décalée au 24 juin. Un retard qui inquiète les salariés et les élus compte tenu des nombreuses incertitudes sur l’avenir du site. »

« C’est extrêmement inquiétant » : la reprise encore retardée à la Fonderie de Bretagne

260 salariés travaillent à la Fonderie de Bretagne de Caudan dans le Morbihan depuis sa reprise par Europlasma au printemps 2025.
260 salariés travaillent à la Fonderie de Bretagne de Caudan dans le Morbihan depuis sa reprise par Europlasma au printemps 2025. © Myriam Thiébault / France Télévisions

Cinq mois après l’incendie de l’un des fours de la fonderie de Bretagne, les 260 salariés du site sont toujours sans travail. Et alors que la production sur site devait reprendre ce mercredi 10 juin, il leur a été annoncé mardi en conseil social et économique extraordinaire qu’un nouveau report de l’activité était prévu. Cela pourrait être le 24 juin.

Concernant les raisons de cette reprise, aucune information n’a visiblement été communiquée auprès des salariés. Selon le député de la 6ème circonscription du Morbihan, Jean-Michel Jacques, ce retard serait dû à « un problème de fournitures de pièces pour la réparation des fours suite à l’incendie. »

Aucun plan de charge à long terme

Toujours est-il que ce nouveau report ne tend pas à rassurer les salariés mais également les élus qui suivent le dossier à l’image de Damien Girard, député de la 5ème circonscription du Morbihan. « Quand on discute avec les salariés, les représentants syndicaux et compagnie, a priori, la visibilité en termes de plan de charge serait au mieux de deux à trois semaines. C’est extrêmement inquiétant sur la pérennité industrielle de l’activité et de ce qui s’y trame. Il y a une détresse psychique qui existe au sein des salariés et franchement, ce qui s’y passe est absolument anormal. »

Une inquiétude grandissante depuis la reprise du site

Alors que la reprise du site par le groupe Europlasma avait suscité beaucoup d’espoir au printemps 2025, le doute plane aujourd’hui concernant la stratégie du groupe concernant la Fonderie. Cette reprise devait s’accompagner notamment d’une mise en production rapide et massive de corps creux d’obus de mortiers. FDB devrait à terme produire jusqu’à un million de corps creux d’obus de 120 millimètres par an. Mais visiblement, seuls des prototypes ont pour le moment été réalisés.

En novembre dernier, les salariés de l’entité bretonne avaient même déclenché un droit d’alerte économique, manifestant leur « manque de confiance » envers Europlasma après le licenciement inopiné du directeur général du site, Jérôme Dupont.

Selon Jean-Michel Jacques, président de la commission défense, il est urgent donc que l’outil de production soit remis en marche et que le site poursuive ses activités de diversification. « On est tous inquiets de voir des choses qui ne reprennent pas. Mais il faut espérer que, un, les prototypes d’obus soient déjà validés, deux, que techniquement, l’usine puisse reprendre toute sa capacité à produire et qu’il y ait un plan de charge adapté, mais qu’il y ait un plan de charge avec le déploiement de différents partenaires« , explique l’élu. « Donc l’intérêt, c’est que l’usine reprenne le plus vite possible. Il faut toujours du flux pour que les outils, les machines-outils puissent être bonnes, qu’il n’y ait pas de rouille qui s’installe. »

Des négociations décalées au 25 juin

L’incertitude autour du site est également plus importante depuis l’annonce en avril dernier de la direction du groupe de vouloir céder ses activités de défense et les usines en lien avec la production et la commercialisation d’obus. Des négociations exclusives ont été ouvertes avec un repreneur.

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Un comité de suivi doit être organisé d’ici la fin du mois de juin pour réunir la direction, les services de l’état, les représentants syndicaux et les élus afin de faire un point d’étape.

De son côté, Damien Girard continue à plaider pour la mise sous tutelle du site. « Je continue à plaider auprès des services de l’État et auprès du gouvernement le fait qu’il faut envisager sérieusement la mise sous tutelle de Fonderie de Bretagne et peut-être du pôle défense que lui, il avait envisagé. Parce qu’en tout cas, s’agissant de Fonderie de Bretagne, on est sur une activité et un site stratégique. D’abord, parce qu’on a besoin de Fonderie dans ce pays, que c’est un site qui est moderne. On a un début de démonstration que ce site pourrait produire des obus dont la France et l’Europe ont besoin. Et aujourd’hui, on sent bien que la trajectoire qui est prise va nous amener à une catastrophe industrielle et en termes d’emploi. »

Les négociations qui courraient jusqu’au 25 mai ont donc été prolongées jusqu’au 25 juin, au lendemain de la reprise théorique de l’activité sur site. Contactée, la direction d’Europlasma n’a pas donné suite à nos sollicitations.

 

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