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Placée en redressement judiciaire le 3 juillet 2026, la Fonderie de Bretagne (Caudan, 245 salariés) a obtenu le 17 juillet du tribunal de commerce de Lorient un délai jusqu’au 11 septembre. Clé de ce sursis : Renault Group a débloqué 4,5 M€.
▶ Pourquoi cette échéance, et pas une liquidation immédiate ?
Le juge-commissaire pose une condition claire : seule une offre de reprise portée par un industriel, pas un financier, sera examinée. Le tribunal laisse ainsi une fenêtre à un repreneur sérieux pour se manifester. Aucun candidat ne s’est encore présenté.
▶ Ce geste n’a rien d’un hasard. Renault, créateur du site en 1966, l’avait cédé en 2022 au fonds allemand Callista Private Equity, avant qu’Europlasma ne reprenne l’affaire en 2025 pour la diversifier vers l’armement (corps creux d’obus de mortier). Les 4,5 M€ proviendraient de fonds de garantie constitués lors de la vente à Callista, une clause qui rattrape aujourd’hui le constructeur.
▶ Renault reste aussi, structurellement, le client dont dépend le site : l’essentiel du CA de la fonderie repose sur ses commandes de pièces en fonte (bras de suspension, collecteurs d’échappement). Une fermeture toucherait directement certaines lignes d’assemblage du groupe en Europe.
▶ Depuis l’ouverture du redressement judiciaire, la gestion quotidienne a été retirée à Europlasma et confiée à deux administrateurs judiciaires. En cause : un incendie ayant paralysé un four dès janvier 2026, et une reprise poussive. L’avocat d’Europlasma affirme que le groupe « fera tout son possible pour accompagner ou faciliter une solution qui assure la pérennité de l’exploitation ».
▶ Le vrai échec reste industriel : la diversification défense promise. Objectif 2025 : produire des corps creux d’obus de mortier de 120 mm pour Thales, avec une cadence visée à 250 000 pièces en 2025 puis 500 000 en 2026. Des tests en Roumanie ont validé la qualité des obus de Caudan. Mais faute de commande ferme, aucun n’est encore sorti en série plus d’un an après la reprise.
▶ Et KNDS France dans tout ça ? Le géant franco-allemand n’est pas client de Caudan, mais d’un site cousin d’Europlasma : LES FORGES DE TARBES , où KNDS Ammo FR a signé en avril 2026 un contrat pluriannuel (60 000 à 150 000 corps creux de 155 mm, 2026-2028). C’est justement ce pôle défense, Forges de Tarbes, activités obus de la Fonderie de Bretagne et Valdunes qu’Europlasma veut céder en bloc à un investisseur français non identifié, pour 150 M€, closing visé au 15 octobre 2026.
Cette affaire illustre une question plus large : que doit un donneur d’ordre historique à un site qu’il a cédé, quand celui-ci reste critique dans sa propre chaîne d’approvisionnement et, désormais, un enjeu de souveraineté pour la défense française ?
Rendez-vous le 11 septembre pour savoir si un industriel se sera manifesté.