Toyota rejoint Daimler Truck et Volvo au capital de cellcentric : l’alliance hydrogène change d’échelle
Daimler Truck, Volvo Group et Toyota Motor Corporation ont signé un accord contraignant officialisant l’entrée du constructeur japonais au capital de cellcentric. À l’issue de l’opération, les trois industriels détiendront chacun un tiers de cette coentreprise créée pour développer des systèmes de piles à combustible destinés au transport lourd.
Une alliance renforcée pour accélérer la pile à combustible
Cette signature intervient quatre mois après la signature d’un premier protocole d’accord, annoncé fin mars. La finalisation de l’opération reste soumise aux autorisations réglementaires et devrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026 ou au début de 2027 explique le communiqué des trois constructeurs.
Toyota apporte plus de trente ans d’expérience
En rejoignant Daimler Truck et Volvo au capital de cellcentric, Toyota apporte plusieurs décennies d’expérience dans le développement de la technologie des piles à combustible, acquise notamment avec la Toyota Mirai et différents programmes dédiés aux véhicules utilitaires.
Cellcentric conservera son statut d’entreprise indépendante et continuera de développer des solutions pour le transport routier, les autocars, le ferroviaire, les applications stationnaires ainsi que les engins hors route. Les trois constructeurs continueront en parallèle de se concurrencer sur leurs autres activités.
Des ambitions importantes malgré un calendrier repoussé
Fondée en 2021, cellcentric emploie aujourd’hui plus de 560 personnes réparties entre l’Allemagne et le Canada et revendique près de 700 brevets. En avril dernier, l’entreprise a dévoilé sa nouvelle pile à combustible BZA375, affichant une puissance de 375 kW, une consommation réduite de 20 % et une densité de puissance en hausse de 40 % par rapport à la génération précédente.
Cette dynamique technologique contraste toutefois avec un calendrier industriel plus complexe. La construction de l’usine de Weilheim an der Teck a pris un retard important, repoussant les premières livraisons industrielles à 2027 ou 2028. Le projet a connu plusieurs reports depuis son annonce, illustrant les difficultés auxquelles restent confrontés les différents acteurs de la filière.
Dans ce contexte, l’arrivée de Toyota apparaît avant tout comme un moyen de mutualiser les investissements et les coûts de développement entre trois des principaux acteurs mondiaux du transport lourd. Si le marché des camions à hydrogène demeure encore embryonnaire en Europe comme en Amérique du Nord, Toyota dispose déjà d’un retour d’expérience concret, avec une flotte ayant dépassé les 300 000 kilomètres parcourus en Europe. Cette expertise pourrait contribuer à accélérer la montée en puissance de cellcentric dans les prochaines années.
