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Tel est le titre d’un article des Échos du 15 janvier, écrit par Yann Duvert.On y lit que le nouveau patron Europe de Stellantis, Emanuele Cappellano, annonce un déclin durable de l’industrie automobile européenne si la réglementation ne change pas rapidement.
Selon lui, il n’existe pas de demande naturelle pour les véhicules électriques. Les ventes actuelles sont artificielles, dans la mesure où elles ne tiennent que grâce aux subventions publiques. Ou à la baisse des prix que les constructeurs sont obligés de pratiquer pour faire face à la concurrence asiatique.
Les subventions de la production chinoise engendrent un écart de coût d’environ 30 % entre les véhicules chinois et européens. Ceci est renforcé par :
– L’existence d’une chaîne d’approvisionnement complète en Chine (batteries, électronique…). Ce n’est pas le cas en Europe.
– La réglementation chinoise, mais aussi le coût de l’énergie et du travail, sont beaucoup moins lourds.
Ainsi, sans soutien massif de l’Union européenne, conclut-il, notre industrie ne pourra pas rivaliser.
La hausse continue des prix des voitures depuis 2019 a fortement réduit leur accessibilité. Alors que 49 modèles coûtaient moins de 15 000 € il y a trois ans, il n’en reste aucun aujourd’hui.
Cette inflation provient essentiellement, dit-il, du coût du contenu technologique et réglementaire. Ce dernier pèse beaucoup sur l’entrée de gamme.
Chaque nouvelle norme pour encadrer éthiquement la production d’une voiture, ce sont des euros en plus sur son coût… Et de la compétitivité en moins.
Ces contraintes réglementaires obligent les constructeurs à vendre des véhicules électriques à perte pour éviter des amendes.
Le problème est encore plus aigu pour les utilitaires, dont les clients, rationnels, préfèrent conserver des flottes thermiques vieillissantes face à un coût total de possession plus élevé en électrique.
Les marges des constructeurs se contractent donc fortement et pourraient devenir négatives.
Sans inflexion rapide de la politique européenne, Commission européenne, l’industrie risque une contraction continue. Cela menacerait la survie de milliers de PME fournisseurs et le maintien de compétences rares en Europe. Ceci dans l’ensemble de l’industrie. Car l’industrie automobile occupe une position centrale en Europe.
Voilà où conduisent les raisonnements de ceux qui veulent appliquer :
– Des raisonnements moraux excessifs (éthiques, prudentiels, for good…).
– À des industries dont ils n’ont pas compris le fonctionnement.
Cela crée des catastrophes sur lesquelles il est politiquement difficile de revenir. Justement parce qu’elles ont été faites au nom du bien et de la morale.
En tout, l’excès nuit. Même en vertu.
Par Laurent Moisson