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mardi 04 Août, 2026
Catégorie : Actu flash

Le plus grand gisement européen de terres rares en Norvège

« Le grand espoir du continent » : la Norvège veut se lancer dans l’exploitation du plus grand gisement européen de terres rares

Article rédigé par franceinfo – Ottilia Ferey Radio France
Publié 
Vue aérienne de la zone industrielle prévue à Fensfeltet, au sud de la Norvège, en décembre 2025. (SULEJMAN ALIHODZIC / AFP)
Vue aérienne de la zone industrielle prévue à Fensfeltet, au sud de la Norvège, en décembre 2025. (SULEJMAN ALIHODZIC / AFP)

Face à la concurrence américaine et chinoise, le gouvernement norvégien souhaite extraire de ses mines ces métaux rares, indispensables aux voitures électriques, aux éoliennes, aux smartphones ou encore aux équipements militaires.

Dans le sud de la Norvège, au volant de sa vieille Volvo des années 1980, Tor Espen Simonsen, le responsable au niveau local de Rare Earths Norway, passe le panneau indiquant Fensfeltet pour se retrouver à l’intérieur d’un volcan. « Sous les roues de cette vieille Volvo 240 se trouve le plus grand gisement de terres rares d’Europe, présente le responsable. L’activité volcanique y a commencé il y a 580 millions d’années ».

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Le gisement de Fensfeltet est désormais évalué à près de 16 millions de tonnes de terres rares, ce qui en fait l’un des plus importants au monde. Il « représente le grand espoir du continent, à la fois pour réussir la transition écologique et pour garantir un avenir plus sûr, où nous ne dépendrons plus d’un seul pays », défend Tor Espen Simonsen.

Les métaux rares sont indispensables aux voitures électriques, aux éoliennes, aux smartphones ou encore aux équipements militaires mais le marché est aujourd’hui largement dominé par la Chine.

La compagnie minière norvégienne Rare Earths Norway compte toutefois bien avoir une part du gâteau. Elle détient des droits d’extraction sur une partie du gisement de Fensfeltet et souhaite lancer la production dès que les autorisations d’exploitation nécessaires seront obtenues.

Construire des mines « invisibles »

Et sur site, les carottages s’enchaînent. Cinquante mètres sont forés tous les jours, explique le géologue Eirik Bache Stokmo. « Ici, montre-t-il, ce sont des carottes toutes fraîches, sorties de la terre il y a à peine cinq minutes. Et toutes les taches brunes, ce sont des minéralisations de terres rares. Ça a l’air prometteur ».

Une "carotte" de terres rares, extraite du site de Fensfeltet. Juillet 2026 (OTTILIA FEREY / RADIO FRANCE)
Une « carotte » de terres rares, extraite du site de Fensfeltet. Juillet 2026 (OTTILIA FEREY / RADIO FRANCE)

Pour Alf Reistad, le PDG de Rare Earths Norway, le temps presse : les restrictions chinoises de 2025 ont exposé la dépendance européenne. Surtout que « la Chine détient aujourd’hui un quasi-monopole sur leur fourniture à l’industrie européenne ».

« Avec notre projet, on pourrait répondre à 30 ou 40% de la demande du marché européen. »

Alf Reistad, le PDG de Rare Earths Norway

à franceinfo

« Un mouvement citoyen s’est même formé à Ulefoss : ‘MUGA, Make Ulefoss great again' », relate le PDG.

Pas de production avant 2035

L’objectif est de construire une « mine invisible », entièrement souterraine, avec une grande partie des résidus réinjectés pour limiter l’impact environnemental et permettre aux 600 habitants vivant au-dessus du gisement d’y rester. Pour être rentable face à la concurrence chinoise et américaine, le PDG mise sur l’aide financière de l’Union européenne. « L’investissement majeur nécessaire pour rendre une telle installation opérationnelle se chiffre entre 15 et 20 milliards de couronnes norvégiennes (Entre 1,3 milliard d’euros et 1,7 milliard d’euros) »précise Alf Reistad.


Un employé de Rare Earths Norway prépare un carottage.
Juillet 2026 (OTTILIA FEREY / RADIO FRANCE)

L’État a repris le projet en main. À Oslo, le secrétaire d’État au ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Pêche, Vegard Grøslie Wennesland, se veut enthousiaste : « Nous allons désormais travailler aussi vite que possible. Il est important que ce dossier soit maintenant une priorité absolue pour le gouvernement ».

L’Union européenne, qui veut couvrir 10% de ses besoins en terres rares dès 2030, devra sans doute encore patienter car ce gisement ne devrait pas entrer en production avant 2035.

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