La fonderie et Piwi

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Par : Fabrice
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dimanche 28 Juin, 2026
Catégorie : Selon la presse

De la forge à l’empire Stellantis, comment Peugeot a révolutionné le secteur automobile français

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Forgerons devenus pionniers de l’automobile puis résistants sous l’Occupation : la saga Peugeot est l’une des plus romanesques de l’industrie française. Deux cents ans après ses débuts, retour sur l’ascension d’une entreprise familiale devenue un empire mondial.

Tout commence en 1810, dans le Doubs, quand deux frères, Jean-Pierre et Jean-Frédéric Peugeot, transforment leur moulin en fonderie d’acier. L’entreprise prospère rapidement et la famille choisit pour symbole le lion, pour rappeler les qualités des scies fabriquées dans leur usine : résistance, souplesse, rapidité. Ce logo, resté presque intact, ornera des millions de capots à travers le monde.

À la fin du XIXe siècle, Eugène Peugeot continue l’activité familiale dans l’acier avant que son cousin, Armand Peugeot, ne vienne bousculer ses plans. Passionné de moteurs, ce jeune ingénieur revient de Leeds, en Grande-Bretagne, berceau de la révolution industrielle qui présage la prochaine révolution automobile. Son cousin Eugène, lui, dirige l’activité sidérurgique et s’y oppose : la rupture est consommée en 1892, Armand fonde seul la Société des automobiles Peugeot.

Une histoire de Résistance

Dans les années 1900, les moteurs deviennent plus fiables, les routes s’améliorent et l’essence se démocratise. Pour Peugeot, c’est le début de l’aventure, mais la Première Guerre mondiale met un coup d’arrêt à un évolution à peine initiée. Les usines sont mobilisées pour l’effort de guerre, réquisitionnées pour fabriquer des chars, des moteurs d’avions, des bombes et des obus. Dès 1919, le groupe rebondit en lançant la Quadrilette, première voiture légère et populaire, produite à plus de 12 000 exemplaires.

Vingt ans plus tard, en 1940, une épreuve autrement plus brutale attend la famille. Les nazis occupent la France et réquisitionnent les usines pour leur effort de guerre. La famille Peugeot, ancrée de longue date dans l’Est, choisit la résistance par sabotage. Les machines « tombent en panne », les cadences s’effondrent, la production d’armement est sabotée. Quand la supercherie est découverte, le tribut est lourd : six directeurs sont arrêtés et déportés.

L’arrivée de la 205

L’après-guerre signe l’apogée de la marque. La 203, sortie en 1948, conquiert les classes moyennes avec sa robustesse : 560 000 exemplaires vendus. En 1976, Peugeot rachète Citroën en difficulté et crée le groupe PSA. Après une période de creux, le groupe repart à la hausse avec l’arrivée de la 205, dont le succès commercial et sportif redore le blason.

Les années 1990 et 2000 voient à nouveau Peugeot trébucher face à la concurrence asiatique et américaine. La crise des subprimes aggrave des erreurs stratégiques accumulées : manque d’innovation, absence sur les marchés émergents. En 2012, l’entreprise perd 250 millions d’euros chaque mois. La famille Peugeot fait appel à l’entreprise chinoise d’automobile DongFeng. Deux siècles après la fonderie du Doubs, les Peugeot ne dirigent plus, ils deviennent actionnaires.

En 2021, la mégafusion entre PSA et Fiat-Chrysler qui donne naissance à Stellantis, groupe aux 14 marques, fonctionne un temps mais en février 2026, il annonce une dette record de 22 milliards d’euros et reconnaît des « erreurs stratégiques ». En attendant de retrouver sa gloire industrielle, Peugeot renoue avec ses origines ailleurs : après 10 ans de séparation, le groupe a rétabli son partenariat avec le FC Sochaux-Montbéliard, club fondé en 1928 par Jean-Pierre Peugeot.

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