Aluminium à 3 667 dollars : l’Algérie, importatrice sans fonderie, face à la flambée
Le conflit dans le Golfe a désorganisé l’approvisionnement mondial en aluminium. Pour l’Algérie, qui tire avantage de la hausse des hydrocarbures par ses recettes gazières, l’autre face du tableau se lit dans sa dépendance aux importations d’un métal qu’elle n’a jamais produit, malgré des décennies de projets annoncés.
Fin mars, les frappes iraniennes sur les fonderies d’Emirates Global Aluminium aux Émirats arabes unis et d’Aluminium Bahrain à Manama ont retiré plusieurs millions de tonnes de capacité du marché mondial. Pour l’Algérie, le bilan initial était plutôt positif : le Sahara Blend au-dessus des 82 dollars, les exportations de GNL en hausse et Sonatrach repositionnée comme fournisseur de substitution pour l’Europe. Seul point noir dans le tableau , l’aluminium n’entrait pas dans le calcul.
Pour l’Algérie, le problème n’est pas celui d’un producteur sinistré, mais d’un importateur exposé. Le pays ne dispose d’aucune fonderie d’aluminium primaire. Ses industriels du bâtiment, de la menuiserie et de l’emballage s’approvisionnent à l’étranger en aluminium brut ou semi-transformé. La fermeture d’Ormuz a déjà mis en difficulté la filière plastique et emballage, contrainte à une hausse des prix des matières premières et à des tensions d’approvisionnement. L’aluminium suit le même chemin,

