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La fonderie, un savoir-faire stratégique
Derrière chaque pièce métallique complexe utilisée dans un train, un véhicule industriel ou un équipement urbain, il existe une étape essentielle : le modelage. Savoir-faire technique qui consiste à fabriquer les empreintes et outillages, cette étape va permettre aux fondeurs de produire les pièces finales. Un métier historique que certaines PME françaises font évoluer grâce à des investissements technologiques et une forte capacité d’adaptation. Chez MIL, cette expertise s’est progressivement diversifiée. « Initialement tournée vers l’automobile et les fonderies traditionnelles, nous intervenons aujourd’hui sur des marchés variés allant du ferroviaire au militaire, en passant par le transport industriel ou encore la restauration patrimoniale. Nous travaillons aussi bien sur des petites séries que sur des productions beaucoup plus importantes, selon les besoins des fondeurs », explique Denis Marion.

La précision du modelage au service des pièces les plus techniques
Dans la fonderie, la qualité d’une pièce dépend directement de la précision du modèle et du moule utilisés ; conçue par le modeleur, l’empreinte donnera la géométrie au métal en fusion. « Sur les pièces en acier ou en fonte, les températures sont extrêmement élevées, ce qui impose des procédés spécifiques, notamment le moulage en sable », précise le dirigeant. « Ce procédé reste aujourd’hui incontournable pour de nombreuses applications industrielles. Il permet notamment de produire des pièces complexes ou volumineuses destinées à des environnements exigeants ». L’entreprise réalise ainsi des outillages pour des composants ferroviaires, des éléments de transmission ou encore des équipements liés au mobilier urbain et même patrimonial. « Nous avons participé à certains projets de restauration emblématiques, comme les éléphants de Chambéry ou des réalisations exposées au Grand Palais ». Des projets qui illustrent la diversité des applications de la fonderie moderne.

Entre tradition artisanale et outils numériques
Si le métier conserve une dimension manuelle, il s’est fortement transformé ces dernières années. La société utilise désormais des logiciels de CFAO et des centres d’usinage numériques capables de travailler des matériaux très variés : bois, résine, aluminium, acier ou composites. « Nous avons investi progressivement dans des machines polyvalentes afin de répondre à des demandes très différentes et de conserver de la flexibilité tout en maintenant un haut niveau de qualité ». Cette modernisation accompagne l’évolution des besoins industriels : « Les donneurs d’ordre recherchent aujourd’hui des délais plus courts, davantage de personnalisation et une meilleure répétabilité des pièces produites ». Dans ce contexte, les spécialistes du modelage occupent une place de plus en plus stratégique dans la chaîne de production.

Investir pour répondre aux nouveaux besoins industriels
« Le secteur bénéficie d’un contexte industriel favorable », précise Denis Marion. Avec les enjeux de souveraineté, de relocalisation et de sécurisation des approvisionnements, plusieurs filières industrielles renforcent leurs capacités de production en France. Dans le même temps, le nombre d’acteurs spécialisés tend à diminuer. « Certains confrères sont en retraite ou ont cessé leur activité. Cela a contribué à faire revenir des demandes vers des entreprises capables de maintenir ce niveau de savoir-faire », observe le dirigeant. « Pour accompagner notre croissance, nous continuons d’investir dans des équipements mais aussi dans la transmission des compétences. Nous formons notamment des profils issus du bois ou de l’agencement afin de développer progressivement les compétences spécifiques au modelage industriel ». Une manière de préparer l’avenir dans un métier discret mais essentiel au fonctionnement de nombreuses industries françaises.

La rédaction n’a pas participé à la réalisation de cet article