Publié le 25 juin 2026
L’A400M ravitaille deux Eurofighter
Airbus
L’armée de l’air italienne porte un réel intérêt à l’A400M. Mais le sommet franco-italien prévu jeudi ne devrait formaliser ni une commande, ni une expression d’intérêt officielle de la part de Rome.
En dépit du forcing d’Airbus, l’A400M devrait rester en salle d’attente à l’occasion du 36ème sommet franco-italien à Antibes. L’intérêt de l’Italie pour cet appareil ne devrait pas figurer dans la déclaration finale, qui sera publiée à l’issue de ce sommet. Pourtant, l’armée de l’air italienne souhaite acquérir jusqu’à 14 exemplaires, plus vraisemblablement entre huit et dix unités, pour remplacer une flotte vieillissante de C130J. Pour l’heure, à l’image de la France, cet achat bute essentiellement sur une question de budget. L’Italie, qui s’est retirée du programme A400M en 2003 pour privilégier des solutions américaines, doit aujourd’hui trouver des marges financières pour satisfaire le besoin capacitaire de son armée de l’air en matière d’avions de transport tactique.
l’A400M en sursis
L’achat d’A400M par l’Italie serait une très bonne nouvelle pour Airbus, qui a besoin de nouvelles commandes pour faire tourner la chaine d’assemblage de Séville. Fin mai, il ne restait plus que 39 appareils à livrer sur les 178 commandés depuis le lancement en 2003 du programme. Sans nouveau contrat, Airbus sera contraint de fermer la chaine d’assemblage de l’A400M, basée à Séville, fin 2028. « Nous avons besoin de tenir une cadence de production à Séville de huit appareils par an pour que le système industriel de l’A400M tienne la route », avait expliqué en mai 2025 le patron de la division Avions militaires d’Airbus Defence and Space, Jean-Brice Dumont, dans une interview accordée à La Tribune.
Pour l’heure, Airbus croit toujours en cet avion. Il a même lancé des approvisionnements de temps long, qui vont au-delà des appareils restant à livrer. Il est vrai que l’A400M intéresse actuellement de nombreux pays, mais ils n’ont pas encore franchi le pas en signant un contrat en bonne et due forme. A commencer par l’Allemagne qui est restée muette lors du salon aéronautique de Berlin (ILA) en juin alors qu’elle souhaite acquérir entre 10 et 20 A400M supplémentaires. L’armée de l’air allemande (Luftwaffe) a initialement commandé 53 appareils et elle a été livrée intégralement par Airbus. Au-delà de l’Italie et de l’Allemagne, Airbus mène actuellement plusieurs campagnes commerciales en Europe (en Pologne notamment mais aussi au Danemark, en Grèce et au Portugal), au Moyen-Orient (Arabie Saoudite et Émirats Arabes Unis) et dans d’autres pays comme l’Inde, l’Indonésie voire le Mexique.


