« C’est vraiment intéressant pour nous » : la fonderie de Denain forge l’avenir en fabricant une hydrolienne pour une entreprise canadienne
La fonderie et aciérie de Denain (Nord) a reçu une commande exceptionnelle en provenance du Canada. L’entreprise a réalisé une immense hydrolienne, qui permettra, à terme, la production d’électricité dans le fleuve Saint-Laurent au Canada. Une commande, qui fait la fierté des travailleurs Nordistes.
Lors de leur venue à la fonderie, ce lundi 18 mai 2026, les acheteurs canadiens ont pu contempler la pièce d’une hauteur de cinq mètres : un géant de fonte, trente tonnes de métaux fondus dans un moule créé sur mesure. À sa découverte les Canadiens ayant passé commande n’en reviennent pas : « Wow, je suis vraiment impressionné » s’exclame Imad Hamad, président d’Arecor Energy Canada.
C’est donc la fonderie et aciérie (FAD) qui a été choisie pour la construction d’un cylindre à turbine, autrement nommé hydrolienne. Seule l’entreprise nordiste avait l’expertise nécessaire à la réalisation de cette pièce pour Imad Hamad. « Au Canada, nous n’avons pas cette expertise pour réaliser ce type de pièce et de cette taille là« , confit-il avant de poursuivre, « nous recherchions des partenaires qui ont le savoir-faire, l’expertise prouvée, et surtout l’intégrité dans les eaux. Le groupe de Madame Prunier représente ces valeurs vraiment fondamentales« .
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L’hydrolienne sera donc bientôt placée dans les eaux du fleuve Saint-Laurent à Montréal. Le cylindre servira à capter l’énergie et la transformer en électricité. Pour le directeur de la fonderie, Stéphane Bonlieu, ceci est synonyme de marché futur pour l’entreprise. « Nous sommes en plein dans l’actualité de la décarbonisation, et d’être capable de produire de l’énergie verte« , explique-t-il. Travailler sur ce « type de pièce sortant de l’ordinaire » est une plus-value supplémentaire pour le groupe, habitué à produire exclusivement pour la (minéralurgie ?).
La fierté de toute une entreprise
Deux mois, c’est le temps qu’il a fallu à la fonderie pour la fabrication complète de l’ouvrage. Un travail qui fait la fierté des 120 employés.
« Ça bat tous les records de ce que l’on a fait chez nous, ce n’est pas tout les jours que ça arrive. C’est une fierté pour tous ceux qui travaillent ici, de sortir une pièce hors-norme comme celle-là que pas grand monde n’est capable de faire« , s’exprime Julien Heneman, adjoint de la fonderie. Ludovic Landas, explique que « ce n’est pas toujours facile », car il existe toujours des obstacles techniques durant les conceptions, « mais quand on voit la réussite, le résultat, ça donne envie de continuer et de persévérer dans l’innovation« . Pour Frédéric Koopmans, superviseur, c’est un savoir-faire valorisant qu’il faut continuer de perdurer : « Cela fait 18 ans que je travaille ici, on en apprend tous les jours. C’est vraiment un métier de passion. En plus, c’est très rassurant pour la boîte« .
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Les Canadiens, prévoient l’installation de huit autres hydroliennes dans le Saint-Laurent. Autant de commandes espérées à la fonderie de Denain, face auxquelles Stéphane Bonlieu ne reste pas indifférent. « L’objectif c’était de sortir une pièce de grande qualité qui puisse satisfaire le client afin qu’il puisse avoir confiance en FAD pour poursuivre et continuer la production de ce type de pièce« . En France, FAD fait partie des derniers producteurs capable de réaliser un produit de ce genre. Une situation dont il se réjouit : « tout le monde est très fier ici« .
La réalisation de cette hydrolienne marque une étape symbolique pour la fonderie de Denain, démontrant un savoir-faire rare et recherché même outre-Atlantique. Cette commande ouvre la voie à de nouvelles perspectives industrielles, et pourrait bien inscrire durablement l’entreprise dans la transition énergétique mondiale.
Avec Alice Rougerie et Sébastien Gurak / FTV.

