La fonderie et Piwi

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Par : piwi
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mercredi 08 Avr, 2026
Catégorie : Au hasard

IA PAS PHOTO 

IA PAS PHOTO 📸


Aurélien Villette ( Un BON  AMI DE PIWI )

pratique une autre forme de chasse au trésor. 🧭✨


Il utilise une carte avec des points d’intérêt, cherche des indices qui le mèneront peut-être au trésor et à la bonne photo.
Ce n’est effectivement pas le même travail que de rédiger un prompt assis dans un fauteuil confortable.
Ses photos, ses voyages, sa vision, cet article … tant de choses qui méritent d’être partagées 

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Aurélien Villette

Photographe dispo pour les prochaines et anciennes friches industrielles

Quand une image générée par IA peut reproduire en quelques secondes ce que j’ai mis vingt ans à photographier, dans plus de 80 pays, dans des conditions parfois difficiles : ce travail mérite-t-il encore d’être prolongé ?

L’IA peut désormais générer des ruines plus poétiques que celles qui existent, sans contrainte, sans limite.

J’ai longtemps voulu répondre à cette question. Puis j’ai préféré attendre. Observer. Accepter, surtout, de parler plus personnellement d’un travail qui m’engage entièrement depuis longtemps.

C’est ce que je fais dans cet article : parler de photographie, d’authenticité, et de ce que le réel seul peut encore transmettre.

La photographie comme témoignage à l’ère des images générées par intelligence artificielle

La photographie comme témoignage à l’ère des images générées par intelligence artificielle

Aurélien Villette

La photographie comme témoignage à l’ère des images générées par intelligence artificielle

Aurélien Villette

Aurélien Villette

Photographe

Il est des sujets sur lesquels je préfère ne pas me prononcer trop tôt : l’intelligence artificielle appliquée à la création d’images en est un. J’ai longtemps observé, lu, écouté depuis ma position de photographe, mais aussi depuis celle d’un diplômé d’école d’informatique qui a toujours maintenu une veille attentive sur les évolutions technologiques. Aujourd’hui, avec plus de trois ans de recul sur l’IA générative, je veux enfin mettre en mots ce que je pense, non pas pour alimenter un débat de plus, mais pour expliquer en quoi elle touche au cœur de mon travail, et pourquoi elle ne peut qu’être fondamentalement absente de mes photographies.

Contenu de l’article

Pour ouvrir cet article, j’ai choisi une photographie prise lors de mon dernier voyage au Sri Lanka. Elle incarne ce doute que l’IA peut désormais faire naître dans l’image, jusqu’au possible désenchantement du réel. Pourtant, lors de la découverte par hasard de ce cinéma, l’émerveillement était intact et le plaisir d’en apporter cette image, aussi.


L’expérience du voyage comme source irremplaçable

Mon travail repose sur une conviction simple, mais qui engage tout le reste : la réalité que je montre a existé avant que je la photographie. Elle existera, ou n’existera plus, ou existera autrement. Je me déplace vers des lieux en espérant qu’ils existent encore : que racontent-ils, que racontent les régions que je traverse pour y accéder ? Que vont-ils m’apprendre ? Qui vais-je rencontrer ? Que vais-je découvrir en chemin ? Le voyage est parfois plus important que la destination elle-même.

Derrière chaque image se trouvent des centaines d’heures de déplacement, à pied, en voiture, à moto, de recherche et de préparation. Plus de 80 pays traversés, dans des conditions souvent précaires impliquant des concessions et des renoncements … j’y reviendrai. Tout cela n’est pas le simple contexte de l’image : c’en est la substance.

On pourra observer que cette réalité passe à travers un objectif qui interprète les profondeurs, les perspectives, que des choix de cadrage, de lumière, de saison orientent le résultat, c’est vrai, et ces choix sont les miens. Mais ils n’effacent jamais l’expérience du voyage, ni ce qu’il apporte. La photographie n’en est que l’aboutissement visible.

Dans mon travail, une image est l’empreinte d’une présence, d’une rencontre entre mon regard et un espace qui a sa propre histoire. Introduire l’IA dans ce processus reviendrait à effacer la seule chose qui donne à mon travail sa raison d’être : la certitude que ce que vous regardez a existé.

Voyager léger et de manière adaptée à chaque pays. Ici, au Vietnam : 3 kg pour le quotidien et 12 kg de matériel photo (trépied, appareil, objectifs et drone).

Parfois voyager léger, ici au Vietnam (2025), 2kg pour le quotidien d’un voyage et 12kg de matériel photo. Le trépied (que j’essaie de faire passer dans le coffre du scooter), l’appareil photo avec 4 objectifs, un drone, de nombreuses batteries, un disque dur.

Contenu de l’article

Voyager de manière adaptée à certains territoires, c’est aussi louer un Land Cruiser à un particulier et traverser le Haut-Badakhchan (2022). Je pars alors à la recherche de quelques constructions aux frontières de la Chine, du Kirghizistan et de l’Afghanistan, en me rendant compte que le vieux 4,7 L diesel ne fonctionne pas très bien au-dessus de 4 000 mètres d’altitude.


L’IA comme révélateur d’une question ancienne sur la photographie

L’arrivée des outils de génération d’image a provoqué en moi plusieurs chocs successifs. Pas uniquement pour des raisons éthiques et économiques, mais parce que l’IA a posé, avec une brutalité nouvelle, une question que la photographie porte depuis ses origines : qu’est-ce qu’une photographie ?

Cette question n’est pas neuve. Dès le XIXe siècle, on débattait déjà de la nature du médium : document objectif ou interprétation subjective ? La réponse a toujours été les deux à la fois, et c’est précisément cette tension qui fait sa richesse. On a retouché, cadré, choisi, éclairé pour orienter la lecture. La manipulation de l’image n’est pas une invention du numérique. Mais il existait une limite implicite : il fallait qu’une lumière ait frappé un capteur activé par un déclenchement, qu’un sujet ait été là, devant l’objectif. L’IA a supprimé cette limite. Elle peut désormais générer des ruines plus poétiques que celles qui existent, des atmosphères et des sujets plus parfaits que n’importe quel lieu réel. C’est là que cette question revient avec une acuité nouvelle, touchant directement à ce que je cherche dans mon propre travail : le réel.

Certaines de mes photographies entretiennent délibérément une part de mystère, des espaces dont je tais la localisation, dont l’atmosphère frôle l’irréel. Comment maintenir ce mystère tout en affirmant que ces lieux sont bien réels, qu’ils ont bien existé, que je m’y suis rendu ? Comment défendre la vérité de l’expérience sans avoir à tout justifier, tout documenter, tout prouver, au risque de tuer précisément ce que la photographie cherche à préserver ?

Contenu de l’article

On m’a déjà demandé si j’ajoutais du sable sur certaines de mes photos, ou même des rayons de lumière, des faux ciels… La réponse est non. Ici, l’ancienne ville minière de Kolmanskop en Namibie (2021). C’est un lieu touristique qui se visite en deux heures. J’y suis resté trois jours, espérant une tempête de sable pour effacer les traces de pas humains ; c’est arrivé le deuxième jour. Les seules traces nouvelles étaient celles des animaux : à gauche, de petites empreintes de chacal, et à droite, de toutes petites traces de scarabées et de lézards dans le sable.

Contenu de l’article

Je sais que l’ajout d’animaux par IA est une pratique courante. Cela rend parfois la photo difficile à défendre. Ici, une photo exposée au musée national de Géorgie, prise en Abkhazie en 2016. La difficulté, dans un espace aussi sombre, était de mettre la vache suffisamment à l’aise pour qu’elle cesse de bouger et reste nette lors de la prise de vue. Ce fut un moment singulier.


La question du vrai et du faux dans un monde saturé d’images

Ce qui me préoccupe, ce n’est pas l’existence de l’IA en elle-même, mais la confusion qu’elle introduit dans notre rapport à l’image. Nous vivons dans un monde où distinguer l’information de la désinformation, le document de la fiction, est déjà difficile. L’IA ajoute une couche supplémentaire à cette opacité quand elle est utilisée avec ambiguïté en rapport au réel ou se faisant passer pour tel.

Quand un bâtiment qui n’a jamais existé peut être généré en quelques secondes, avec une histoire inventée, des textures réalistes, une atmosphère convaincante, comment le spectateur sait-il encore ce qu’il regarde ? Si cette ville fortifiée en plein désert existe vraiment, si ce photographe s’y est vraiment rendu, si ce photographe existe vraiment, si ce moment a réellement eu lieu ? Le doute porte sur celui qui l’a faite, sur le voyage, sur la réalité entière censée être derrière elle. C’est quelque chose de fondamental qui vacille : notre capacité à croire que certaines choses sont vraies parce qu’elles ont été vues, documentées, témoignées. Si l’image perd cette fonction testimoniale, c’est toute une forme de confiance dans le visible qui s’effondre. Photographier ne consiste pas seulement à montrer, mais à engager sa responsabilité dans ce qui est montré. Dans la sphère publique, il est aujourd’hui aussi simple de remettre en cause une vérité établie que de justifier une réalité avec quelque chose qui n’existe pas.

Pour un photographe dont le travail consiste précisément à montrer des architectures à l’abandon en voie de disparition, cette confusion est particulièrement grave. Je pense à des lieux que j’ai photographiés et qui ont disparu. Je pense à des pays traversés par des bouleversements géopolitiques profonds, dont l’architecture reflétait une époque révolue, certains de ces pays n’existent plus. Ces images prouvent que ces lieux ont existé, dans cet état et à ce moment précis. Si elles côtoient demain des images synthétiques qui leur ressemblent, qui les distinguera ? Et que reste-t-il alors de leur valeur testimoniale et patrimoniale ?

Contenu de l’article

Fresque réalisée en RSS d’Azerbaïdjan, que j’ai photographiée en 2015 au Karabagh, aujourd’hui redevenu azerbaïdjanais. Allégorie soviétique typique du Caucase, où les signes religieux se mêlent à l’idée de progrès, sous le vol d’une colombe blanche.


Ce que l’IA ne peut pas faire : la présence humaine en photographie

Les prompts ne savent pas voyager. Ils ne savent pas attendre, se tromper de route, renoncer à un lieu et en trouver un autre par hasard, passer des heures à espérer désespérément une lumière qui ne vient pas, ni dormir sous une tente par tous les temps pour pouvoir voyager plus longtemps. Ils ignorent ce que coûte d’y être : les mains engourdies par le froid, l’escalier qu’on négocie marche après marche en espérant qu’il tienne, le vent qui fouette le visage, la poussière qui gratte la gorge. Ils génèrent sans attendre, sans renoncer, sans espérer et sans jamais ressentir le poids du sol sous leurs pas, ni l’histoire qu’il porte.

Contenu de l’article

Cette photo, je m’en souviendrai toujours. Je suis allé en bus depuis Buenos Aires jusqu’à la ville d’Epecuén. Ce que je ne savais pas en arrivant, c’est que l’état d’urgence venait d’être décrété en France, avec un confinement annoncé 48 heures plus tard. La nouvelle s’était répandue dans la ville qu’un Français était arrivé, probablement porteur du Covid — une rumeur, mais suffisante pour tout bloquer. Pendant une journée entière, je ne peux être en contact avec personne, aucun hôtel ne veut m’accueillir. Je pose ma tente dans le parc naturel ; un gardien passe, me voit, et s’enfuit… C’est ensuite un retour précipité en France, une longue pause photographique, et beaucoup de changements.

Voilà bientôt vingt ans que je construis ce corpus, des déplacements, des détours, des obsessions passagères et des intérêts qui s’affinent et s’installent avec le temps. Ce travail ressemble parfois davantage à un journal intime qu’à un portfolio : il porte des humeurs, des doutes, des élans. Chaque série, « Dogma« , « Structures et Déstructures » et tout ce qui dort encore dans mes dossiers sans titre définitif est le résultat d’une interrogation qui revient toujours au même endroit : que dit un espace architectural de ceux qui l’ont construit, habité, quitté et qu’est-ce que tout cela dit de nous ? Il arrive que la réponse soit encore là, en personne. Quelqu’un qui n’est pas parti, le dernier habitant, l’ancien propriétaire, le voisin.

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Ces rencontres sont souvent affaire d’instant : je ne cherche pas à faire des portraits, je me retrouve donc souvent avec un objectif inadapté. C’est aussi ce qui fait le charme de la situation. Ces personnes sont celles qui restent : riverains, anciens employés, propriétaires. Ici, dans le Fujian, en Chine (2025), je visite un village abandonné. Il reste une maison, un seul habitant. Le traducteur sur mon téléphone ne fonctionne pas, mais il me montre ses poules, son jardin, sa maison, alors j’ose un portrait.

Contenu de l’article

Quand je fais ces portraits, je pense aussi à ceux qui ne sont plus là, pour de nombreuses raisons déjà abordées dans l’article. Je ressens parfois qu’un portrait fait à la fin d’un échange parle de l’ensemble : la présence, l’absence, et ce temps qui continue de s’égrener. Ici, au Sri Lanka (2026). Pendant que je photographie un cinéma, l’ancien propriétaire vient à ma rencontre et me fait visiter sa maison et sa salle. Il s’arrête un moment devant le guichet où quelques trophées sont encore exposés, et me raconte qu’ici il y a eu jusqu’à trente employés.

Il y a aussi tout ce qui ne se voit pas dans les images : les choix de vie accumulés, certains discrets, d’autres plus lourds à porter, pour que ces voyages restent possibles, pour le temps qu’ils prennent, les coûts physiques et financiers. Les renoncements qui se déposent quelque part, silencieusement, comme les tirages qui s’empilent, le doute quand plus rien ne vient à nous, pourquoi continuer ? On ne pèse pas ce genre de choses, mais ce poids s’inscrit dans chaque image d’une façon qui échappe à toute description technique. Ce n’est pas une question d’outil. C’est une question de présence au monde, d’un regard qui se construit dans la durée, d’une pensée qui s’affine avec les kilomètres au compteur de la vie.

L’IA peut imiter l’esthétique et ira plus loin encore, devenant autonome, produisant des œuvres avec une puissance de traitement inégalable. Mais elle ne peut pas traverser les étapes de vie qui précèdent le moment où l’on se retrouve devant un sujet et qu’on choisit de le photographier. Ma photographie possède une relation au temps, à la mémoire, à l’espace, à un cheminement artistique ; tout ce qui constitue l’image avant même qu’elle existe. Au bout du chemin, il y a, l’émerveillement.

S’affirmer : pourquoi l’authenticité devient une position artistique à part entière

À mesure que les images générées par IA se généralisent et atteignent un niveau de plus en plus avancé, une transformation silencieuse s’opère dans la valeur que je donne à mes photographies. Ce qui était autrefois implicite : le fait qu’une photographie puisse être ancrée dans la réalité, devient aujourd’hui une situation qu’il faut affirmer et expliquer.

Face à cette confiance qui se fragilise, un paradoxe naît : la prolifération de l’artifice redonne de la valeur à l’authentique et à l’imparfait. S’affirmer ne signifie pas déclarer « je n’utilise pas l’IA » : c’est une position insuffisante si elle reste purement défensive. Ce qui compte, c’est d’affirmer ce que le réel seul rend possible.

Prenons une image de la série « Dogma » ou de « Structures et Déstructures » : ce n’est pas simplement une photographie de lieu de culte ou de structure. C’est une « co-ïncidence » au sens fort du terme : un moment où deux réalités se sont rencontrées, celle du lieu et celle de ma présence portée par mon regard. Cette rencontre est unique. Elle ne peut pas être générée. C’est aussi ce que je cherche à saisir dans la démarche centrale de mon travail que j’appelle depuis plus de douze ans, L’esprit du lieu. Ce « Genius Loci » qui ne peut exister qu’ancré dans une géographie précise, dans une histoire singulière, dans la mémoire matérielle et immatérielle d’un espace.

La question à poser au spectateur n’est donc pas seulement esthétique, mais existentielle : est-ce que cela a eu lieu ? Et si la réponse est oui, si celui qui regarde sait que quelqu’un s’y est rendu, a attendu, a regardé, et jugé que cela valait d’être montré dans son cheminement, quelque chose de fondamentalement différent se produit. Quelque chose qui tient du témoignage, peut-être du document, certainement de la confiance.

C’est cette confiance que je veux construire, et maintenir, avec ceux qui regardent mon travail. Un lieu réel génère des émotions que rien d’artificiel ne peut légitimement revendiquer. Faire croire le contraire serait trahir ceux qui regardent.

Contenu de l’article

Une de mes photos qui a prolongé la série Structures et Déstructures, publiée en 2012. Une série qui parle des dualités monumentales entre la nature et l’homme. Ici, le théâtre Campoamor à La Havane (2014).

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Je poursuis mes séries, comme Dogma. Je réalise très peu de vidéos, encore moins pour les réseaux sociaux : je me concentre sur la photographie et l’expérience du voyage. Cette photographie est un exemple de ce que j’envoie parfois à mes proches, quand je suis heureux de découvrir un lieu non photographié. Elle a été prise lors de mon cinquième voyage en Turquie, fin 2025 et représente l’interieur d’une mosquée et le travail sur bois pendant l’époque ottomane. J’ai eu la chance de visiter cette mosquée, attenante à une construction récente, grâce à des ouvriers installant de nouveaux haut-parleurs pour l’appel à la prière. Derrière ces architectures anciennes, le contact humain reste bien réel.


Regard sur l’avenir de mon travail photographique

Je me pose parfois cette question : si je continue ce travail encore quinze ans, que penserai-je en regardant les images que je fais aujourd’hui, moi dont le regard a déjà tant évolué sur celles du début ?

Ce que je croyais simplement révéler à un moment devient, avec le recul, autre chose : un testament, un avertissement, parfois un renouveau. L’image révélera ce qu’elle portait sans qu’on le sache encore.

Mes photographies semblent parfois intemporelles : une pièce vide, une façade que le temps a rendue abstraite. Pourtant elles portent la marque irréversible du lieu et du moment où elles ont été prises, ainsi que de mon regard à cet instant précis. C’est cette certitude qui rend le choix de l’authenticité non seulement cohérent, mais nécessaire.

Ce texte n’est pas un refus de l’IA, mais l’affirmation de ce que je choisis de préserver dans mon travail pour toutes les émotions et témoignages qu’il véhicule.

Une vérité qui mérite, aujourd’hui plus que jamais, d’être affirmée et défendue.

Aurélien Villette

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