La fonderie et Piwi

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Par : piwi
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vendredi 03 Avr, 2026
Catégorie : Evènements

La fonderie est le personnage central de cette fiction ténébreuse.

Jeudi polar 

«La Plupart des hommes» de Simon François : la fonderie et ses haines recuites

Avec «la Plupart des hommes», l’auteur français poursuit sa plongée, entamée avec «la Proie et la meute», dans les lieux qui piègent les êtres et leurs désirs d’ailleurs.

La fonderie est le personnage central de cette fiction ténébreuse.
La fonderie est le personnage central de cette fiction ténébreuse. (Getty Images)
Par

Christine Ferniot
Publié le 02/04/2026 à 8h53

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Après la Proie et la meute, formidable roman noir qui se déroulait dans un village de Sologne, voici la Plupart des hommes, situé dans la même région, à Gien, une ville grise tout près de la Loire et ses relents toxiques. Les deux romans portent en eux la même tragédie, celle de vies étouffées par des monstres et par des lieux qui piègent les hommes et leurs désirs d’ailleurs.

D’abord, il y a la fonderie, personnage central de cette nouvelle fiction ténébreuse. Là-bas, les travailleurs sans papier ruissellent de sueur, trop près des machines, à peine protégés du chaos, esclaves d’une productivité qui ne cesse de perdre de la vitesse. Car la fonderie est «une relique d’un autre temps qui se maintient le couteau sous la gorge, menacée par les plans sociaux, les délocalisations et les rachats successifs par des fonds étrangers.» Au milieu, Bertrand Morin, le maître de l’usine, domine son monde. C’est un homme mutique et sans tendresse. Sa femme est morte en randonnée, ses deux enfants ne se ressemblent pas. La fille, Juliette, est une soumise qui travaille à ses côtés en attendant de prendre sa place. Le fils, Gabriel, rêve de théâtre à Paris.

Environnement en déliquescence

Juste au moment où le garçon pense réaliser son rêve, l’agression brutale de Juliette remet tout en question. L’enquête est menée par Karine, jeune gendarme tout juste débarquée de Lille, qui se heurte au mutisme des collègues, aux secrets des habitants, à leur mépris pour cette «étrangère».

Simon François mène avec subtilité l’histoire policière, la réflexion sociale, les secrets de famille, dans un environnement en déliquescence, comme la vieille bâtisse des patrons, noircie par le brouillard qui détrempe les sols et les pierres. Là-bas, il y a trop de haines recuites et de faux espoirs qui s’achèvent sur la piste de danse du Cosmos, la boîte de nuit où les jeunes tentent d’oublier leur quotidien encaissé.

L’écriture de Simon François cherche toujours le mot précis pour dire la mélancolie de ceux qui restent et jettent leurs ambitions à la poubelle, ou dans l’eau sombre de la Loire. Dans ce roman magistral, il compose une fiction bouleversante et crépusculaire.

La Plupart des hommes, Simon François, éd. du Masque, 370 pp., 20,90 €

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