Un bronzier d’art de Saint-Jean-le-Blanc choisi pour réaliser de nouveaux « clous d’Orléans »
Publié le
La ville d’Orléans a demandé à Arnaud Delaigue, bronzier d’art à Saint-Jean-le-Blanc, de réaliser 200 « clous d’Orléans ». Depuis pratiquement 20 ans, ces ornements en bronze marquent les passages piétons et délimitent les terrasses du centre ancien.
Dans son atelier de Saint-Jean-le-Blanc, où il est installé depuis 2011, Arnaud Delaigue vient de recevoir plusieurs cartons de « clous d’Orléans » tout juste sortis d’une fonderie parisienne. « Je les reçois à l’état brut et c’est là que mon travail d’artisan d’art commence« , explique ce bronzier. Il y a quelques mois, la ville d’Orléans est venue lui passer une commande pour 200 clous de pavage. Depuis le début des années 2000, ces ornements en bronze sont utilisés dans le centre ancien d’Orléans sur les passages piétons et pour délimiter des places de parking et des terrasses. Signés du plasticien Yann Hervis, ils symbolisent l’histoire de la ville en mettant en avant la figure de Jeanne d’Arc et la Loire. Les premiers avaient été fabriqués à la fonderie Bollée de Saint-Jean-de-Braye, aujourd’hui fermée.
« Chaque clou est une œuvre d’art, j’essaie d’y mettre tout mon savoir-faire. »
À l’aide d’une ponceuse et de limes spéciales, Arnaud Delaigue va d’abord abraser la surface de chaque clou. Après, ce sera l’étape du patinage « pour le rendre le plus doré possible ». Ce travail minutieux peut lui prendre jusqu’à une heure par clou. « Pour moi, chaque clou est une œuvre d’art unique et même s’il va finir dans la rue, j’essaie d’y mettre tout mon savoir-faire. » Habituellement, Arnaud Delaigue travaille pour des antiquaires ou des particuliers qui veulent rénover une sculpture en bronze. Aujourd’hui, c’est la première fois qu’il travaille avec la ville d’Orléans. « C’est une fierté et aussi une responsabilité. Mais, je suis ravi qu’une collectivité publique fasse le choix d’un artisan français et même local, plutôt que d’aller faire fabriquer ces clous ailleurs dans le monde. » L’artisan évoque notamment la Chine, capable de fabriquer des clous deux fois moins chers. « Mais, ils n’auront pas la même durée de vie ! Moi, mes clous sont prévus pour résister au moins 50 ans. »
Sur les 200 clous qu’il doit réaliser, le bronzier en a déjà livré 30. Ces premiers clous d’Orléans « made in Loiret » doivent être posés prochainement dans le secteur du Palais des Sports à Orléans. « Je vais évidemment aller voir le résultat », s’amuse Arnaud Delaigue, « souvent, les œuvres sur lesquelles je travaille repartent chez leurs propriétaires et c’est fini pour moi. Là, je vais laisser une trace et en plus les gens pourront marcher dessus, ça rend fier. » Le bronzier, qui travaille avec son épouse, n’a pas voulu nous dire le montant de la commande passée avec la ville d’Orléans. Pour les amateurs, sachez qu’on trouve aussi des « clous d’Orléans » en bronze en vente à l’office de tourisme, place du Martroi. Il faut compter de 73 euros à 115 euros selon la taille.
