Le narthex c’est la partie de l’abbatiale (aujourd’hui disparue) entre le portail et la nef.
Reconstitutions de Cluny III

C’était le chef-d’œuvre de l’art roman de la Bourgogne. L’édifice marque l’apogée de l’art de bâtir du 11e siècle et définira le style roman clunisien présent partout en Bourgogne au 12e siècle. Un grand atelier de sculpteurs travaillait les 1500 chapiteaux de l’abbatiale.
La grande basilique fut élevée selon le plan archiépiscopal, c’est à dire avec deux transepts entre la nef et le chœur. Le grand transept était couronné de trois clochers : le Clocher du Chœur de plan carré sur la croisée au centre et deux clochers octogonaux sur les croisillons, le Clocher de l’Eau Bénite au sud et le Clocher des Bisans au nord. Les flancs du transept étaient cantonnés de quatre absidioles et de deux tourelles. Le petit transept ou transept matutinal se trouvait à l’est du grand transept, s’ouvrant sur le chœur et flanqué de six absidioles orientées. Il avait un seul clocher sans ouverture, le Clocher des Lampes, situé sur la croisée. Le chœur avait une travée droite et une abside avec colonnes de marbre et chapiteaux historiés, un grand déambulatoire et cinq chapelles rayonnantes. L’abside était décorée de fresques qui auraient inspiré celles de la chapelle de Berzé. La partie orientale comprenant le chœur et les transepts a été terminée avant 1100. La grande nef fut élevée ensuite, vers 1095-1110. C’était une nef romane immense, comprenant onze travées et doubles bas-côtés. L’élévation typiquement clunisienne présentait trois étages : les grandes arcades, le triforium et les fenêtres hautes. Les piliers cruciformes de la nef étaient flanqués de pilastres cannelés avec chapiteaux sculptés et des voûtes d’arêtes couvraient les collatéraux. Il est probable que la voûte originale de la nef centrale, qui menaçait de s’effondrer rapidement, fut reconstruite en berceau brisé vers 1130. Voilà alors toutes les caractéristiques majeures du roman bourguignon qu’on retrouve encore à Paray, à Autun, à Beaune ou à La Charité.
Le portail ouest de la nef, des années 1115, était un chef-d’œuvre de la sculpture romane, partiellement attribué à Gislebertus d’Autun. Le tympan présentait le Christ en Majesté entre q
Le grand narthex fut ajouté à l’ouest de la nef à partir de 1135. Les travaux furent interrompus pendant la deuxième moitié du 12e siècle et la construction ne fut finie que vers 1220-1230, déjà en style gothique. Le narthex comprenait trois nefs à cinq travées, voûtées d’ogives, innovation de la fin du 12e siècle. A l’intérieur, il y avait un triforium et des clefs de voûtes sculptées. Il y avait une chapelle haute dédiée à saint Michel au-dessus du portail, qui a inspiré la tribune en encorbellement de Semur. La façade était flanquée de deux tours carrées, les Barabans, flanquant le portail extérieur de style gothique.
De l’ensemble majestueux de l’abbatiale Cluny III ne fut sauvé qu’une partie. Largement détruite après la Révolution, on estime que seulement 8 % de l’abbatiale est encore debout à l’heure actuelle. Il s’agit du bras sud du grand transept avec le clocher de l’eau bénite, des fragments du petit transept, de quelques vestiges du bas-côté sud de la nef, et des ruines et tours du narthex. Des maquettes et bornes au musée permettent de reconstituer l’ensemble.


