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Par : piwi
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lundi 13 Juil, 2026
Catégorie : Automobile

A propos de l’avenir sombre de l’industrie automobile française.

Le Fondu Suisse
christophe.buch@georgfischer.com

A titre personnel, je partage (malheureusement) l’analyse de Jacques Attali sur l’avenir sombre de l’industrie automobile française.

Les signaux faibles sont déjà là, et un peu de prospective m’amène à imaginer le scénario suivant :

* À l’arrivée massive des véhicules hybrides et électriques chinois sur le marché européen, les ventes Renault Group vont reculer et la rentabilité s’effondrer, poussant le constructeur à des restructurations profondes et des cessions d’actifs. Au point qu’à terme, la participation de Geely ira grandissante jusqu’à la prise de contrôle.

* Stellantis va graduellement se délester de ces activités européennes pour se concentrer sur le marché américain, plus rentable, ainsi que sur les marchés émergents, sources de croissance. Les sites de production européens seront cédés petit à petit aux constructeurs chinois (Dongfend, BYD, Changan & Co)

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« Made in France by China » : capitulation industrielle ou pragmatisme de survie ?

Un chiffre résume tout : 16 milliards d’euros investis par la Chine dans nos usines européennes. Une progression de 67 % par an selon le cabinet Rhodium Group. Et dans l’automobile, les trois quarts des investissements chinois en Europe. On n’avait jamais vu ça.

Ce qui se passe à Rennes est symboliquement lourd. L’usine Stellantis de La Janais, une ancienne usine Citroën, ouvrira bientôt ses portes à des constructeurs chinois pour produire des véhicules électriques.

Des voitures chinoises, sorties d’une chaîne française. Du « Made in France by China ». Une première historique.

La logique économique est implacable : la Chine, saturée sur son marché intérieur, cherche à exporter ses capacités de production. L’Europe, elle, cherche à sauver ses emplois industriels et à éviter les fermetures. Un quart des investissements chinois mondiaux atterrissent désormais chez nous.

Mais soyons lucides sur ce que cela signifie. Nous, Français, avons inventé l’automobile en 1883. Nous sommes aujourd’hui contraints d’en confier les clés à d’autres pour maintenir nos lignes de production en vie.

L’ouvrier français gagnera toujours 1 700 à 2 000 € nets pour 35h, les emplois sont préservés, certes. Mais qui décide désormais de ce qu’on produit, et comment ?

La vraie question n’est pas « faut-il accepter les capitaux chinois ? » ; la réponse est déjà oui, par nécessité. La vraie question est : à quelles conditions, avec quelle réciprocité, et jusqu’où ?

L’Europe à genoux ou l’Europe pragmatique ? Le débat ne fait que commencer.

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