C’est aussi parfois faire renaître ce qui a disparu.
Retour sur un chantier réalisé par la Fonderie de Coubertin pour la cathédrale Notre-Dame de Rouen.
Disparus en 1822 lors d’un incendie provoqué par la foudre, les décors du faîtage, installés au XVIᵉ siècle, ont été recréés à l’identique grâce aux gravures et aux documents historiques conservés.
Cette restitution n’a pas été une création libre : elle correspond à la reconstitution d’un état préalablement documenté.
Les études ont notamment été conduites par Pierre-André Lablaude, puis par Richard Duplat, architectes en chef des Monuments historiques successivement en charge de la cathédrale de Rouen.
Séraphins, putti, vases, croix, emblèmes des cardinaux d’Amboise, armes de Normandie, demi-soleils dorés… et surtout Saint-Georges terrassant le dragon ont ainsi retrouvé leur place sur la cathédrale.
Pour la Fonderie de Coubertin, ce chantier était un véritable travail de création à partir de l’histoire :
Sculpture, plomb battu sur bois sculpté, cuivre repoussé, bronze, assemblages et structures ont permis de redonner forme à ces éléments disparus.
Le projet a également réuni d’autres savoir-faire, notamment Anne Nicolle, sculpteur, Camille Giordani, statuaire, ainsi que l’entreprise Giordani à Rouen pour les dorures.
Un détail symbolique avait également été imaginé : dans la statue de Saint-Georges, un parchemin portant les noms des artisans ayant participé au chantier a été dissimulé.
Recréer le patrimoine, ce n’est pas inventer. C’est retrouver, comprendre, fabriquer et transmettre.
Un bel exemple de la manière dont les métiers d’art peuvent faire renaître ce que le temps avait fait disparaître.
Le patrimoine d’hier peut ainsi redevenir celui de demain.
