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Par : piwi
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samedi 22 Août, 2026
Catégorie : Au hasard

Un des grands thèmes de débat de la prochaine présidentielle ?

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Jean-Marc Jancovici  Associé Carbone 4 – Président The Shift Project

Il y a classiquement 5 étapes au deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation.

Les mots parlent d’eux mêmes : dans un premier temps on refuse d’accepter ce qui est arrivé, dans un deuxième on se révolte et on s’estime victime d’une injustice, dans un troisième on refait l’histoire, dans un quatrième on perd le gout de la vie, et enfin dans le cinquième on recommence à avancer.

L’été qui vient de s’écouler nous rappelle que nous avons un processus de deuil à engager avec le climat d’hier. Pendant longtemps, nous avons nié. Cela a paradoxalement été le cas même au sein des plus militants d’entre nous : nous avons souvent sous-estimé la gravité de ce qui était en cours, considérant que nous avions un problème réel mais pas existentiel.

La montée du niveau de l’océan ? C’est pour dans très longtemps.

Les glaciers qui fondent c’est triste, mais c’est surtout un problème esthétique ;

les maisons qui se fissurent sont assurées ;

pour les canicules on fait le dos rond le temps que ça passe et on climatise quelques bâtiments ;

et si quelques arbres meurent de sécheresse ou par incendie ce n’est pas grave parce qu’il y a beaucoup de forêt.

Ce déni, nous y sommes toujours pour beaucoup, même si nous commençons, pour certain(e)s, à entrer dans les phases qui suivent : la colère, le marchandage, la dépression. Je ne parle pas seulement des « climatosceptiques », qui eux sont dans un déni explicite.

Même les personnes qui reconnaissent qu’il y a un problème et que ce sont bien nos émissions qui en sont à l’origine n’ont pas encore bien compris toutes les implications de la chose.

Comme pour un vrai deuil, l’urgence, c’est l’acceptation. Elle seule permet de « repartir de l’avant » pour enfin construire quelque chose de nouveau. Et pour cela il va falloir accepter la mort du climat du passé, et même du climat actuel.

Notre pays va bientôt perdre, définitivement ou pour très longtemps, un certain nombre d’éléments de paysage qui nous étaient familiers, de cultures, de bâtiments, de cours d’eau, de lacs, de glaciers, d’arbres, et j’en passe. C’est triste, mais c’est inexorable.

Il faut trouver un moyen d’arriver à nous épanouir quand même dans ce nouveau monde, que nous ne pouvons pas refuser. Il nous faut donc aller le plus vite possible au bout de ce processus de deuil, pour, le plus vite possible, (re)bâtir sur d’autres bases.

Ce sujet ne devrait-il pas être un des grands thèmes de débat de la prochaine présidentielle ?

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