Fonderie de Bretagne : ça ne se bouscule pas au portillon
Le tribunal de commerce de Lorient, dans le Morbihan, a fixé au 11 septembre la date limite de dépôt des offres pour la reprise de la Fonderie de Bretagne. Pour l’heure, le site n’a suscité aucune marque d’intérêt.
Par Guillaume Roussange LES ECHOS
Pourquoi demain plus qu’hier ? La question se pose quant à une possible reprise de la Fonderie de Bretagne. Certes, l’usine de Caudan a obtenu, in extremis, les financements nécessaires pour tenir jusqu’en octobre. Les éventuels repreneurs auront, eux, jusqu’au 11 septembre pour déposer leur dossier auprès du tribunal de commerce de Lorient. Pour l’heure, ceux-ci ne semblent pas se bousculer au portillon de l’entreprise. À ce stade, « aucun ne s’est manifesté », a déploré auprès de l’AFP Eric Blanchier, élu CGT de l’usine, à l’issue de l’audience au tribunal, le 17 juillet dernier.
Lors du premier redressement, il y a un an, seules deux offres, dont « une simple lettre d’intention », selon les administrateurs judiciaires, avaient été déposées. La seconde était celle du groupe Europlasma, qui promettait un redressement rapide grâce, en particulier, à une diversification dans l’industrie d’armement. La suite est connue et l’échec, patent.
Offre sérieuse
Représentants du personnel et élus jurent qu’on ne les y reprendra plus. Selon les syndicats, le juge-commissaire a d’ores et déjà assuré que « seule une offre de reprise sérieuse serait acceptée, c’est-à-dire un industriel et non un financier ». Reste à trouver cette perle rare, en plein été, en moins de huit semaines. « Le timing est serré. On doit continuer de mettre la pression sur Bercy », a redit Maël Le Goff, représentant CGT de l’usine.
Mais, aussi puissant soit-il, le ministère de l’Economie, pas plus que celui de l’Industrie, ne pourront faire sortir un repreneur de leur chapeau dans une France qui ferme toujours plus d’usines qu’elle n’en ouvre.
Continuer d’y croire
Les administrateurs, nommés pour prendre le relais d’Europlasma, vont sans nul doute redoubler d’efforts. D’autant que, touché par un incendie et sans réel plan d’investissement, l’état de l’outil industriel s’est dégradé en un an. Les élus locaux, le président de région, de Lorient agglomération ou le député Jean-Michel Jacques (Ensemble pour la République), également président de la commission de la défense, affirment toutefois continuer « d’y croire ».
« La Fonderie de Bretagne a de la valeur et ses savoir-faire sont rares et recherchés. La diversification engagée vers la défense ouvre des perspectives que rien ne justifie d’abandonner », arguent-ils dans un communiqué commun. Localement, chacun croise les doigts pour que leur plaidoyer soit entendu d’un repreneur solide avant la date fatidique.

