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Par : piwi
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dimanche 22 Fév, 2026
Catégorie : AAESFF

Après avoir trop licencié, Stellantis recrute massivement des ingénieurs

« Nous sommes allés trop loin » : après avoir trop licencié, Stellantis recrute massivement des ingénieurs

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Pendant plusieurs années, Stellantis a incarné le constructeur automobile obsédé par la réduction des coûts. Rationalisation, économies, optimisation : sous l’ère Carlos Tavares, la discipline financière était devenue la colonne vertébrale du groupe né de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler en 2021. Mais aujourd’hui, le discours change radicalement. Et surtout, les décisions aussi. Le nouveau directeur général Antonio Filosa reconnaît désormais ouvertement ce que beaucoup dénonçaient en interne depuis longtemps : l’entreprise est allée trop loin.

Un excès de frugalité

Dans plusieurs déclarations récentes, Antonio Filosa admet que la stratégie passée a fragilisé Stellantis sur un point clé : l’innovation. « Nous avons réduit les coûts de manière excessive. Nous avons licencié plusieurs ingénieurs qui nous aidaient à développer des produits innovants », explique-t-il.

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Cette politique avait profondément marqué les équipes. Les plans de départs volontaires se multipliaient, les simulations d’indemnités circulaient régulièrement et, dans certains sites français comme Poissy ou Vélizy, les propositions financières pour quitter l’entreprise étaient affichées chaque semaine. L’ambiance interne s’était dégradée, tandis que la concurrence récupérait des profils expérimentés.

À court terme, la rentabilité s’était améliorée. À long terme, la qualité produit et la capacité d’innovation ont commencé à inquiéter, notamment sur les marques italiennes où l’attente technologique et émotionnelle est particulièrement forte. Aujourd’hui, Stellantis fait donc marche arrière.

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Vague mondiale de recrutements

Le changement a débuté dès l’arrivée de Filosa. Aux États-Unis, environ 2 500 ingénieurs ont déjà été réembauchés. En Europe aussi, la machine repart.

En France, le groupe a promis 1 400 embauches en CDI, dont 700 ingénieurs, avec des recrutements déjà lancés et qui doivent être finalisés d’ici la fin de l’année. Rien que sur trois mois, environ 120 postes en recherche-développement sont ouverts entre la région parisienne et Sochaux, notamment dans la data, l’intelligence artificielle, l’électrification et l’électronique.

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Mais le mouvement est aussi très visible en Italie. À Mirafiori, le retour de la Fiat 500 hybride a déjà entraîné environ 400 embauches dans l’usine et plus d’une centaine dans le centre de recherche et développement. À Atessa, pôle stratégique pour les utilitaires, de nouveaux recrutements qualifiés sont également lancés. Stellantis veut clairement reconstituer ses équipes d’ingénierie dans ses bastions historiques.

L’Italie redevient centrale dans la stratégie

Le changement dépasse les simples embauches. Filosa veut régionaliser les décisions : chaque région doit concevoir ses produits en fonction de ses clients. Une approche particulièrement adaptée aux marques italiennes, dont l’identité dépend fortement du marché local. Le groupe confirme plusieurs programmes industriels majeurs dans la péninsule : le retour de la 500 hybride à Turin, le Jeep Compass à Melfi, ou encore le développement de la future Lancia Gamma.

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Stellantis annonce également environ 6 milliards d’euros d’achats auprès de la filière de fournisseurs italiens, ainsi que le renforcement du centre technique turinois. L’objectif est de reconstruire un écosystème industriel complet, pas seulement des lignes d’assemblage.

Sochaux, symbole d’un virage global

Lors d’une visite sur le site historique de Sochaux, en France, Antonio Filosa a confirmé la création de 1 400 emplois en France, répartis entre postes d’exécution et cadres. Un message important dans un contexte social tendu : le site compte aujourd’hui 1 800 intérimaires et plus de la moitié des CDI ont plus de 50 ans.

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Le groupe cherche donc à renouveler ses compétences tout en préparant la transition technologique, alors même que l’industrie automobile européenne traverse une période délicate. Stellantis a perdu 2,3 milliards d’euros au premier semestre 2025 et a parallèlement annoncé 13 milliards d’investissements aux États-Unis, alimentant la crainte d’un déséquilibre industriel.

Reconstruire après l’ère Tavares

La transition est profonde. Pendant des années, un ingénieur était perçu avant tout comme un coût. Aujourd’hui, il redevient un actif stratégique. Le groupe dispose d’environ 250 000 employés et veut désormais relancer la créativité interne, raccourcir les cycles de développement et améliorer la qualité produit : un enjeu crucial pour les marques italiennes dont l’image repose largement sur la perception technique et émotionnelle.

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Après avoir incarné l’optimisation à l’extrême, Stellantis tente donc une nouvelle mue : redevenir un constructeur d’ingénieurs, capable d’innover depuis Turin, Sochaux ou Detroit. Reste désormais à voir si cette volte-face suffira à restaurer la confiance en interne comme chez les clients, et surtout à redonner aux marques italiennes le rôle central qu’elles revendiquent dans le groupe.


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