A l’occasion du Salon Eurosatory, les trois régions ont annoncé mercredi le lancement d’un fonds interrégional. Une initiative inédite, qui illustre la volonté des régions de participer à l’effort de guerre européen.

La guerre en Ukraine a changé la donne et, après des décennies de réductions budgétaires, les pays de l’Otan entendent porter les dépenses de défense à 3,5 % du PIB d’ici à 2035. Résultat : les annonces de commandes se multiplient, rendant le secteur très attractif à l’heure où d’autres filières industrielles patinent. Mais « l’eldorado n’est pas garanti », avertissaient les auteurs d’une enquête menée par Bpifrance auprès de 1.700 dirigeants de PME et d’ETI, publiée en septembre 2025.
Pour la banque d’investissement, les sous-traitants, qui passent souvent sous les radars des grands donneurs d’ordres, doivent donc équilibrer leurs activités entre civil et militaire, miser sur l’export et, surtout, « investir dans leur solidité financière » afin de faire face aux cycles longs de la défense.
« Effet de levier »
Pour les y aider, trois grandes régions ont décidé de relancer la machine à financement. Profitant du Salon Eurosatory, la grand-messe des acteurs de la défense et la sécurité, la Bretagne, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine ont annoncé mercredi le lancement du premier fonds interrégional conçu pour les PME et ETI de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD). Ce vaste ensemble regroupe neuf géants industriels (Thales, Safran, Dassault, MBDA…) et quelque 4.000 PME, dont un millier considérées comme « stratégiques ». Selon le ministère des Armées, 210.000 emplois directs et indirects dépendent du secteur, qui pèse 30 milliards d’euros au niveau national.

