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Par : piwi
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jeudi 22 Oct, 2026
Catégorie : Actu flash

L’Europe face aux nouveaux empires : le réveil est douloureux

 

Le drapeau étoilé européen.
Publié le

Au moment où les nouveaux empires, américain, russe et chinois, veulent recomposer le monde, l’Europe se divise et se délite. L’Union n’est pourtant pas démunie face à la nouvelle donne mondiale, mais elle doit redéfinir un projet, en particulier pour sa jeunesse qui voit un horizon bouché.

A quel moment l’Europe a-t-elle raté un virage ; quand n’a-t-elle pas compris le nouveau monde dans lequel nous étions entrés ? L’Union européenne de 2026 n’est plus tout à fait une « végétarienne dans un monde carnivore », comme le dit une phrase célèbre ; mais elle est encore loin du compte pour défendre ses intérêts face aux nouveaux empires qui changent la règle du jeu international.

Et c’est à ce moment décisif dans son histoire que le modèle social et politique européen, fruit de décennies de luttes et de compromis, semble prendre l’eau de toutes parts. La révolte des jeunes, en France et dans plusieurs pays européens ; le vote aux extrêmes à des niveaux rarement atteints depuis la seconde Guerre mondiale ; l’effet de la désindustrialisation massive ; l’état calamiteux des finances publiques dans plusieurs pays à commencer par la France… La liste est longue des clignotants passés au rouge vif sur le tableau de bord du continent.

Vue de la Maison Blanche, du Kremlin ou de Zhong Nan Hai, par Trump, Poutine ou Xi, l’Europe est devenue une proie à dépecer ou à prendre : les Européens ne l’ont pas vu venir.

Une partie de l’explication tient dans le fait que l’Europe a été le bon élève de la classe. A la fois dans la mondialisation : nous avons délocalisé à marche forcée, en pensant que les autres, à commencer par la Chine, se contenteraient d’être les sous-traitants de l’Occident ; nous avons accepté des dépendances, à la technologie des autres, aux produits et aux composants fabriqués ailleurs, comme le recommandaient les manuels de mondialisation, des chaînes d’approvisionnement à flux tendu.

L’Europe a aussi été le bon élève de ses alliances. Certes, elle dépensait moins qu’il ne le fallait pour sa défense, mais elle insistait pour que les États-Unis restent en Europe pour « nous » défendre. Lorsque la France, avec son héritage gaullien, plaidait pour une défense européenne autonome, le chœur du reste de l’OTAN lui répondait : « chut, vous allez faire partir les Américains ». Le réveil a été douloureux le 24 février 2022, lorsque l’armée russe a envahi l’Ukraine, puis quand Donald Trump a tourné le dos à ses alliés.

L’Europe a fait du chemin depuis, c’est incontestable : avec la Coalition des Volontaires montée à l’initiative des Français et des Britanniques pour aider l’Ukraine face à la défaillance américaine, ou avec les programmes industriels européens d’armement. Mais on ne se défait pas des dépendances d’un claquement de doigts.

La faiblesse de l’Europe n’a pour autant rien d’inéluctable. L’Union européenne et ses 450 millions d’habitants, plus si on y rajoute le Royaume Uni qui a des velléités de revenir, plus encore si on inclut le Canada qui rêve d’un statut de membre associé, reste un espace incomparable au monde.

L’Europe s’est construite pour empêcher la guerre entre ses membres après des siècles d’antagonismes ; aujourd’hui, elle a de nouveau besoin d’un projet commun, contre les nouveaux empires, mais aussi pour donner à ses peuples un avenir désirable qui apparait bouché aux nouvelles générations. Les divisions entre nations, et à l’intérieur des nations, surviennent à un moment de vérité mondial : l’Europe n’a pas le droit à l’erreur, ou elle se retrouvera dangereusement hors-jeu.

 

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