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Par : piwi
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mardi 22 Sep, 2026
Catégorie : Actu flash

la Fonderie de Bretagne veut s’inventer un nouvel avenir

Les ECHOS

Après l’échec d’Europlasma, la Fonderie de Bretagne veut s’inventer un nouvel avenir

Trois offres de reprise ont été déposées pour l’usine de Caudan dans le Morbihan. Le tribunal de commerce rendra sa décision le 15 octobre prochain.

La fonderie du Morbihan est spécialisée dans les pièces en fonte pour les suspensions et les échappements.
La fonderie du Morbihan est spécialisée dans les pièces en fonte pour les suspensions et les échappements. (Photo Fred Tanneau/AFP)

Par Guillaume Roussange

Publié le 21 sept. 2026 

Rien n’était gagné d’avance et rien n’est encore acquis. La confirmation récente, par les administrateurs judiciaires, de la réception de trois offres de reprise pour la Fonderie de Bretagne (FDB) – installée à Caudan, dans le Morbihan, et spécialisée dans les pièces en fonte pour les suspensions et les échappements – a ravivé l’espoir des 244 salariés de l’usine. Les délais étaient particulièrement contraints : les candidats – dont les profils sont pour l’heure tenus confidentiels – n’ont eu que l’été pour monter un dossier solide.

A Caudan, tous espèrent que le futur repreneur parviendra à endiguer durablement le long déclin de l’usine, qui a failli mettre la clé sous la porte à plusieurs reprises depuis les années 1990. Après l’échec cuisant de son rachat par Europlasma,salariés, élus et représentants de l’Etat ont juré qu’on ne les y reprendrait plus. Le bilan des quinze mois de gouvernance par le groupe landais est en effet à inscrire dans les annales : des promesses de volumes de production non tenues, des investissements non réalisés et un climat social ultra-dégradé.

Cerise sur le gâteau, son dirigeant a été sommé de s’expliquer, à deux reprises, devant une commission parlementaire sur la stratégie de son propriétaire, le fonds Alpha Blue Océan, installé aux Bahamas. En 2025, la direction du groupe avait pourtant juré de retourner rapidement l’usine grâce à la production d’obus. Un projet qui avait fait de la FDB un symbole de la réindustrialisation induite par la relance des capacités de défense.

Chutes en chaîne

L’annonce, en avril, de la volonté du groupe de vendre son pôle défense à un « industriel français », dont l’identité n’a jamais été révélée, a fini de décrédibiliser ce plan. Les négociations n’ont pas abouti et les entités du groupe sont tombées les unes après les autres : Satma Industries en Isère, FP Industries en Indre-et-Loire, et enfin la Fonderie de Bretagne, déjà à l’arrêt après l’incendie de l’un de ses fours en début d’année.

 

La situation n’est guère plus enviable chez Valdunes, le fabricant nordiste de roues de train, repris en 2024. Ou encore aux Forges de Tarbes, l’unique fabricant français des corps d’obus du canon Caesar, très inquiet pour son avenir. Il y a de quoi : les derniers résultats publiés en juin par Europlasma, coté sur Euronext, témoignaient d’une dégradation rapide de la situation du groupe. Ses pertes avoisinaient 38 millions d’euros, plus du double de l’exercice précédent, pour un chiffre d’affaires de 70,4 millions d’euros. Les dettes fournisseurs atteignaient alors 18 millions, l’endettement brut, quelque 20 millions.

Face à cette bérézina, pouvoirs publics, représentants des pouvoirs publics et salariés ont fait preuve d’une réelle détermination à stopper la spirale du déclin. Europlasma a été exclu du pilotage de la Fonderie de Bretagne et Renault, ex-propriétaire de l’usine, a apporté les 4 millions nécessaires à la poursuite de l’activité. Du moins jusqu’au 15 octobre prochain, date à laquelle le tribunal fera connaître le repreneur choisi.

Guillaume Roussange (Correspondant à Rennes)

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