💧 Plus de 150 ans après leur création, les fontaines Wallace continuent d’incarner une idée simple et universelle : mettre la beauté au service de l’utilité publique.
Symbole du patrimoine parisien, elles témoignent également d’un savoir-faire d’exception que Ghm est fier de perpétuer aujourd’hui.
Article de HERVE NEIRIZI
Un Anglais les a payés. Paris leur a donné son nom. La France ne l’a jamais officiellement remercié.
Sir Richard Wallace est né illégitime et en grande partie fait de lui-même. Il avait vécu à Paris la majeure partie de sa vie, hérité d’une fortune et construit l’une des grandes collections d’art privées en Europe. Quand la guerre franco-prussienne a assiégé la ville en 1870, la plupart des riches sont partis. Wallace est resté.
Il a dépensé environ 2,5 millions de francs de son propre argent en ambulances, soupes populaires, carburant et logements pour les habitants les plus pauvres de la ville. L’eau potable propre était devenu un luxe. Les pauvres l’ont acheté aux vendeurs ambulants à des prix qu’ils pouvaient à peine se permettre, ou bu dans la Seine.
En 1872, Wallace commande au sculpteur Charles-Auguste Lebourg de concevoir des fontaines en fonte : ornées, élégantes, posées sur les pavés les plus fréquentés de chaque arrondissement (district). Le premier a été installé sur le boulevard de la Villette en juillet 1872. Cinquante autres ont suivi au cours de l’année, chacun a payé entièrement de sa poche.
Les quatre figures féminines qui tiennent le dôme sont des caryatides représentant la gentillesse, la simplicité, la charité et la sobriété. Chaque fontaine avait à l’origine des gobelets en fer enchaînés pour que tout le monde puisse boire. Les tasses ont été enlevées en 1952 pour des raisons d’hygiène.
Environ 120 des fontaines originales à grand modèle restent à Paris aujourd’hui, livrant toujours de l’eau potable gratuite.
Wallace meurt en 1890. Il n’a jamais reçu de reconnaissance formelle de l’État français.
Photo: Gallica / David Monniaux

