«Je n’ai jamais vu autant de rotors en production en même temps» : comment EDF et Framatome rééduquent Jeumont Electric à l’excellence nucléaire
Seul un mur sépare les usines Framatome Jeumont et Jeumont Electric, logées au cœur de la petite commune de Jeumont dans le Nord à la frontière belge. Parfois, une lourde pièce de métal usiné passe d’un site à l’autre. Elle est généralement destinée à la propulsion nucléaire de sous-marins ou de frégates, pour les programmes français mais aussi australiens, polonais ou italiens. Des deux côtés, de larges sourires sont accrochés aux visages. On ne se croise pas sans se dire bonjour, se serrer la main, voire se faire la bise. Dans les immenses ateliers vitrés du début du siècle dernier, l’activité est soutenue, preuve de carnets de commandes remplis.
L’ambiance industrielle est en revanche totalement différente dans chacune de ces deux usines stratégiques du groupe Framatome. Quand la première réorganise ses ateliers pour produire en série les groupes motopompes primaires (GMPP) et les mécanismes de commande de grappes (MCG) de combustible, et ainsi accompagner la relance du nucléaire au Royaume-Uni et en France, la seconde, usine historique créée en 1898 par le Belge Julien Dulait pour fabriquer les moteurs électriques du métro parisien, est comme en rééducation, depuis son rachat le 30 décembre 2023 par Framatome (68%) et Naval Group (32%) au groupe Altawest. Elle était au bord du dépôt de bilan.
24 millions d’euros dans l’atelier défense
Fournisseur stratégique de rang 2 pour EDF, Naval Group, Westinghouse, Chantier de l’Atlantique, Veolia, Solvay, Enel, TotalEnergies, et de rang 1 pour les pompistes nucléaires, Jeumont Electric fabrique des moteurs et turbines électriques pour le militaire (32% de son chiffre d’affaires), essentiellement la propulsion des navires,


