Les ruptures conventionnelles ruinent-elles l’économie française ?
Plus de 500.000 personnes signent une rupture conventionnelle chaque année.
Depuis sa création en 2008, le succès de cette fin de CDI « à l’amiable » dépasse toutes les prévisions.
Mais à quel prix ?
Par Elise Koutnouyan (Journaliste vidéo)
Depuis sa création en 2008, les Français adorent la rupture conventionnelle. En 2022, le cap des 500.000 ruptures conventionnelles par an a été franchi. Et rien ne semble indiquer un reflux. Ce dispositif de fin de CDI est un exemple concret de la théorie de la flexisécurité. Inventé alors que le marché du travail avait besoin de flexibilité, il a été adjoint de garanties de sécurité pour les salariés qui en bénéficient.
Un dispositif adoré autant que décrié
Concrètement, lorsqu’une rupture conventionnelle est convenue, l’employeur s’engage à verser une indemnité de départ. En échange, le salarié touche le chômage après la fin de son contrat. Cet accès au chômage est décrié par les adversaires de la rupture conventionnelle, qui jugent le dispositif trop coûteux pour les finances publiques et pas assez efficace pour le marché du travail. Mais quand le gouvernement tente de revenir sur la rupture conventionnelle, tout le monde s’y oppose .
Pour comprendre l’impact de cette mesure, nous avons interrogé son inventrice, Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef (2005-2013), le conseiller social de Nicolas Sarkozy au début de son mandat, Bertrand Martinot, ainsi qu’un économiste, Cyprien Batut. Comment expliquer son succès ? Est-ce que la rupture conventionnelle est bonne ou mauvaise pour l’économie ?
