La fonderie ID Casting veut s’attaquer à de nouveaux marchés
Avec désormais six cadres actionnaires et l’entrée à son capital d’UI Investissement, le groupe jurassien spécialisé dans la fonderie sous pression d’alliages de zinc et de magnésium vise des secteurs porteurs comme la défense ou le médical.
Par Monique Clément Publié le 2 avr. 2025
Nouvelle impulsion pour ID Casting, un groupe installé à Arbois, dans le Jura, et spécialisé dans l’injection sous pression en chambre chaude d’alliages de zinc et de magnésium. Le départ à la retraite de son président, Denis Dècle, donne lieu à une recomposition du capital : son directeur général Laurent Monnier prend les commandes, il monte à 70 % des parts et fait entrer cinq managers clés (10 % du capital à eux tous) ainsi que la société UI Investissement (20 %).
Ce groupe de 210 salariés est l’une des cinq premiers acteurs européens de la fonderie de zamak, un alliage de zinc 100 % recyclable qui permet de réaliser des pièces complexes avec une grande précision. Il s’était diversifié en 2012 dans les alliages de magnésium. ID Casting se présente comme la seule entreprise française de fonderie sous pression pour ce métal injecté ultraléger qui intéresse les secteurs du transport, des outils électriques, du matériel informatique et de communication.
Nouveau plan stratégique
En 2024, ID Casting a livré 2.400 tonnes de pièces et ensembles à ses clients du bâtiment (35 %), de l’automobile (25 %), de l’électrique (30 %) : des supports pour balais d’essuie-glace, pour optiques ou écrans, des composants de pédaliers, d’engrenages pour volets roulants, de radiateurs ou de détendeurs de gaz…
Pour l’automobile, il fournit des pièces hors moteur – a priori non menacées par l’électrification des véhicules – et est engagé depuis juin 2024 dans l’accélérateur Bpifrance. Ses nouveaux actionnaires comptent sur cet accompagnement pour se développer sur les marchés de l’aéronautique, du médical, des outils portatifs, de la défense et du transport. ID Casting envisage aussi de grandir par croissance externe.s Fonderies de Sougland
La plus importante de ses trois fonderies, Siobra (87 salariés), est installée à Arbois. Le groupe emploie aussi 51 personnes sur le site d’AMI, d’Igny dans l’Essonne, et 72 chez ID Components, en Tunisie. Mais c’est dans le Jura que sont réalisés les développements et essais de moules pour les trois usines.
La recomposition du capital se double d’un nouveau plan stratégique dans lequel l’activité magnésium a été rapatriée en totalité à Arbois. « Nous gardons en Tunisie le développement de la partie zamak, l’assemblage et l’usinage », détaille Laurent Monnier, désormais PDG du groupe après en avoir été le directeur financier depuis 2014. « Ce qui nous a plu, c’est le maintien du centre de décision en Bourgogne-Franche-Comté et l’entrée de cadres au capital », explique, pour sa part, Bénédicte de Chevigny, directrice associée d’UI Investissement.
Pour maintenir son savoir-faire, le groupe, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros en 2024, dont 35 % à l’export, s’était doté d’une école de formation interne il y a quatre ans.
Monique Clemens (Correspondante à Besançon)