Dans les Ardennes, la Fonderie Rollinger perpétue un savoir-faire au service du patrimoine
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Des poignées de porte des immeubles haussmanniens aux éléments décoratifs des châteaux, la Fonderie Rollinger perpétue un savoir-faire métallurgique traditionnel. Reprise par ses salariés en 2012, l’entreprise mise sur son modèle coopératif et la transmission de ses métiers.
Des pièces ardennaises au cœur du patrimoine français
À Nouvion-sur-Meuse, la Fonderie Rollinger fabrique des pièces en fonte et en laiton destinées notamment à l’équipement et à la restauration des bâtiments. Poignées de porte, crémones de fenêtres, éléments décoratifs : ses productions se retrouvent dans de nombreuses habitations françaises, particulièrement dans les immeubles haussmanniens de la capitale.
« Nous fabriquons pour 70 % de notre activité des articles de quincaillerie en fonte pour l’habitat, notamment des poignées de porte, des crémones de fenêtres qui équipent aujourd’hui beaucoup de fenêtres françaises en bois, notamment à Paris », explique Jérôme Théret, gérant de la Fonderie Rollinger.
Au-delà de ces fabrications courantes, l’entreprise réalise également des pièces sur mesure pour la restauration de bâtiments historiques. Un travail qui nécessite de reproduire des éléments anciens tout en respectant les caractéristiques architecturales des édifices.
« On a beaucoup d’équipements pour les fenêtres haussmanniennes et on fait aussi des réalisations sur mesure pour le bâtiment historique : des descentes d’eau de châteaux, des décorations de portails, tout ce qui a trait au patrimoine », précise Jérôme Théret.
La fonte en fusion, un savoir-faire toujours vivant
Dans les ateliers ardennais, la fabrication repose notamment sur la technique traditionnelle du moulage au sable. Les équipes réalisent des moules dans lesquels le métal en fusion est versé pour donner naissance aux différentes pièces.
Ce procédé, également utilisé dans l’industrie, permet de fabriquer des éléments aux formes parfois complexes, adaptés aux exigences de la restauration patrimoniale.
« On utilise des techniques de fonderie qui sont aussi utilisées par d’autres industriels. Nous, on travaille en moulage sable et on vient couler de la fonte en fusion dans des moules en sable que l’on élabore dans notre fonderie », détaille Jérôme Théret.
Cette maîtrise technique permet à l’entreprise de répondre aussi bien aux besoins de la quincaillerie traditionnelle qu’aux commandes spécifiques des professionnels du patrimoine.
Une entreprise sauvée par ses salariés en 2012
L’histoire de la Fonderie Rollinger est également celle d’une mobilisation collective. Confrontée à des difficultés économiques récurrentes, l’entreprise a été reprise par ses salariés en 2012 sous la forme d’une société coopérative et participative, une SCOP.
Ce modèle permet aux salariés de devenir associés et de participer à la pérennité de leur outil de travail. Une organisation qui accompagne également le renouvellement des générations au sein de l’entreprise.
« Nous avons monté la SCOP à la Fonderie Rollinger en 2012, à la suite de difficultés assez récurrentes. Nous sommes toujours en SCOP depuis cette période et tous les salariés deviennent associés après un an de présence. Les jeunes remplacent les plus anciens et la société perdure sous ce statut », raconte Jérôme Théret.
Quatorze ans après cette reprise, la coopérative poursuit son activité en s’appuyant sur l’engagement de ses équipes et la préservation de compétences devenues rares.
La Fonderie Rollinger participe au Salon international du patrimoine

