La fonderie et Piwi

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Par : piwi
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samedi 07 Fév, 2026
Catégorie : AAESFF

PIWI interroge JFS à propos de son projet de reprise de la Fonderie de Luxeuil

Interview – Projet de reprise de la Fonderie de Luxeuil
(La Fonderie & PIWI)

JFS (au fond & au centre) et ses amis ESFF à l’AG 2025 de l’Amicale.

1️⃣ Patrick (PIWI)
Jean-François, pour commencer simplement : que s’est-il passé à la Fonderie de Luxeuil ?

Réponse JFS
La Fonderie de Luxeuil a été liquidée après une longue période de difficultés.
Ce n’est pas une fermeture brutale, mais l’aboutissement d’une situation économique devenue
intenable.

Ce qui me marque, c’est que cette liquidation s’est faite dans un silence presque total, alors que
derrière il y a :
 un site industriel historique,
 des salariés avec parfois plus de 20 ans d’ancienneté,
 et un vrai savoir-faire de fonderie aluminium et bronze.

2️⃣ PIWI
Pourquoi t’être intéressé à cette fonderie, et depuis quand ?

JFS
En Novembre 2024 Arnaud Balligand (Aussi ancien ESFF) m’a contacté pour savoir si je connaissais via
le réseau quelqu’un qui serait susceptible de reprendre la fonderie.
Personne ne s’est présenté et finalement apres une longue réflexion je me suis lancé dans ce projet
en Décembre 2024.

Au départ, il s’agissait d’une tentative de reprise en transition douce avec Arnaud, avant que la
situation ne bascule vers la liquidation en Aout 2025.
L’idée était de garder quelque chose de compatible avec l’activité JF2S qu iaurrait sécurisé le
démarrage et de trouver une issue avant la casse.
Malheureusement, les événements ont suivi un autre chemin.

3️⃣ PIWI
Justement tu es consultant, ton activité est stable. Pourquoi prendre un tel risque ?

JFS
C’est une question qu’on me pose souvent surtout que depuis décembre 2024 je refuse des missions
pour me consacrer à ce projet.
La réponse tient en un mot : le pourquoi.
La fonderie où travaillait mon père a fermé il y a des années.

À ce moment-là, je me suis juré de faire tout ce que je pourrais, un jour, pour que ce métier continue
d’exister.
On ne peut pas exister à l’échelle mondiale sans industrie.
Et si je peux, à mon niveau, contribuer à préserver un outil, des compétences, une transmission, alors
ça a du sens.
C’est une opportunité qui s’est présenté et je m’y suis consacré autant que j’ai pu.

4️⃣Concrètement, dans quel état est la fonderie aujourd’hui ?

JFS
Il faut être très clair :
Si mon offre de reprise passe, on repart de zéro.
 plus de clients actifs,
 un outil industriel très dégradé,
 beaucoup de remise en état à prévoir,
 et des investissements lourds avant de produire quoi que ce soit.
Ce n’est pas un projet romantique.
C’est un projet lucide, exigeant, et progressif.

5️⃣ PIWI
Quelle est ta vision industrielle à court terme ?

JFS
La priorité est simple :
1. sécuriser le site,
2. remettre l’outil en état minimal,
3. redémarrer avec des pièces simples,
4. retrouver quelques clients récurrents,
5. atteindre l’équilibre.
Pas de croissance rapide.
Pas de promesses irréalistes.
Juste faire tenir l’usine.

6️⃣ PIWI
Tu parles aussi beaucoup de transmission et de sens. Pourquoi ?

JFS
Parce que l’industrie n’est pas qu’une question de machines.

C’est un lieu de :
 transmission de savoir-faire,
 apprentissage,
 reconstruction professionnelle.
Si le redémarrage se fait, j’aimerais que cette fonderie devienne aussi :
 un lieu d’accueil pour des personnes en reconversion,
 un support de formation,
 un endroit où on redonne une chance à ceux qui veulent travailler.

7️⃣ PIWI
Tu évoques même une “fondation de la seconde chance”. Ce n’est pas trop ambitieux ?

JFS
Ce n’est pas une promesse, c’est une intention à long terme.
D’abord, il faut que l’usine fonctionne.
Ensuite seulement, on pourra aller plus loin.
L’idée serait de montrer que l’industrie peut aussi être :
 un lieu de reconstruction humaine,
 un espace de respect du vivant,
 un projet de territoire.
Mais chaque chose en son temps.

8️⃣ PIWI
Qu’est-ce que cette reprise représente pour toi, personnellement ?

JFS
Beaucoup plus qu’un projet économique.
Ceux qui me suivent depuis un an m’ont parfois vu parler avec émotions de ce projet et certains
souhaitent faire partie de l’vanenture.
Quand on parle de transmission, de métier, de respect du travail, ce n’est pas théorique.
Aujourd’hui, malgré les doutes et les obstacles, je sais que je suis aligné.

9️⃣ PIWI
Quel message aimerais-tu faire passer à la profession ?

JFS
Que rien n’est jamais complètement perdu tant qu’il y a :
 des femmes et des hommes qui y croient,

 des savoir-faire à transmettre,
 et un peu de courage collectif.
Cette reprise n’est pas encore acquise.
Mais elle montre qu’il existe encore des gens prêts à se battre pour l’industrie.

�� PIWI Encore une dernière question. Plutôt deux en une. Quelles sont selon toi les chances de
réussite, et ne penses-tu pas que d’en avoir parlé sur les réseaux a peut être mis des concurrents
sur le dossier.

Quand on connaît la réalité des reprises industrielles en liquidation, on sait que l’équilibre entre
vision industrielle et logique financière est souvent difficile à trouver. Donc les chances sont minces…
mais minces ce n’est plus qu’aucune.
Mais ce projet a du sens.
Du sens pour les salariés qui ont consacré parfois plus de 20 ans de leur vie à cette usine.
Du sens pour un territoire.
Du sens pour la transmission d’un métier que je refuse de voir disparaître sans me battre.

Je connais la réalité. Je tente ma chance. Et quoi qu’il arrive, je continuerai à me battre pour ce
métier et les chefs d’entreprise qui en expriment le besoin.

Et pour les concurrents… c’est possible mais je pense qu’il fallait communiquer pour ne pas que ce
dossier finisse dans l’anonymat.

Ce qui se passe en ce moment est grave et chaque liquidation c’est du savoir-faire qui disparait.
Et s’il y a un repreneur industriel robuste qui continue l’activité, sauve et crée des emplois ce sera
une réussite. L’essentiel c’est que cette fonderie continue, et au cas où je serai même ravi de
l’accompagner à gagner des marchés grâce à des certifications ciblées si le besoin est là.
L’échec c’est quel soit vendu par petit bout au prix de la ferraille et que l’endroit devienne une friche

PIWI Un dernier mot ?

JFS
J’ai pu voir par endroit que je cherchais à me mettre en avant.
Mais comme tu sais mon PIWI, je ne cherche ni reconnaissance ni mise en avant.
Je veux simplement que cette histoire ne se termine pas dans le silence.
Si elle peut donner un peu d’espoir, susciter des vocations, ou rappeler que l’industrie a encore du
sens…
alors cette interview aura déjà servi à quelque chose.
Longue vie aux irréductibles de la fonderie et de l’industrie et à ceux qui l’aiment.
Merci beaucoup
Jean-François (Jeff)

PIWI : BONS VENTS

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