Forges de Tarbes et Fonderie de Bretagne : Quand le sauvetage industriel tourne au fiasco.
L’info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV
L’info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV, avec cette semaine les thèmes suivants :
Cette semaine, vous avez choisi de nous parler d’entreprises de nos territoires, victimes des agissements d’un fonds d’investissement basé aux Bahamas : Fonderie de Bretagne, Forges de Tarbes, deux filiales d’Europlasma.
Didier Testot : Et Forges de Tarbes, hein, pour rappel, c’était une PME industrielle historique qui, on peut dire, se meurt dans l’indifférence générale. Il faut remonter au XIXᵉ siècle, c’était le transfert à Meudon vers Tarbes, 1871. C’était l’arsenal de Tarbes qui devenait un pilier de l’artillerie française : production de canons, de munitions, plus tard de véhicules blindés comme les tourelles du char Leclerc. Et dans la Première Guerre mondiale, en 1918, il y a même employé 16 000 salariés. Autant dire que l’entreprise avait servi les intérêts de la France.
Et lorsque les difficultés de l’entreprise se sont fait jour il y a quelques années, avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, le carnet de commandes de l’usine pour les corps d’obus était au plus bas. Ça a mis en péril l’équilibre financier du site et un « miraculeux » investisseur arrive : Europlasma, financé par un fonds, Alpha Blue Ocean, aux Bahamas, célèbre pour avoir ruiné des milliers d’actionnaires. Mais ça passe.
La guerre en Ukraine change la donne. L’usine est la seule usine de fabrication de ces corps d’obus explosifs, notamment pour le fameux canon français Caesar. En 2025, ici même, j’évoquais l’autre entreprise rachetée par Europlasma, la Fonderie de Bretagne. Et les déclarations de la CGT d’alors : « D’ici fin 2025, on devait faire 250 000 obus, on en a fait zéro ». Les annonces abracadabrantesques successives d’Europlasma pouvaient faire croire que le sujet allait être réglé par des investisseurs prêts à mettre beaucoup d’argent sur ce dossier, ce qui n’a jamais été le cas.
Dans ce dossier, la DGA a donc porté plainte au pénal contre Europlasma ?
Didier Testot : Oui. Et la Fonderie de Bretagne vient d’être liquidée. Au même moment, c’est donc la gestion des Forges de Tarbes qui est pointée du doigt. Seulement maintenant s’interrogent les actionnaires, alors que ce dossier dure depuis des années. J’ai eu l’occasion ici même de vous en parler à plusieurs reprises et la Direction générale de l’armement a saisi le procureur de la République pour signaler des décisions de gestion douteuses au sein des Forges de Tarbes. Pour couronner le tout de ce fiasco financier et industriel, une autre participation d’Europlasma est en péril, c’est logique, c’est le dernier fabricant français de roues et essieux pour le transport ferroviaire : Valdunes, c’est le nom de la société, rachetée en 2024 par Europlasma, l’année même où le scandale de ces fonds basés aux Bahamas avait été révélé, et c’est labourseetlavie.com qui l’avait révélé avec la faillite de Pharmasimple.


