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samedi 10 Oct, 2026
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Pourquoi avoir choisi le bronze ? 

Damien Colcombet, sculpteur animalier : « J’ai l’impression que l’animal a pris son indépendance »

Un article rédigé par Thierry Weber – RCF Lyon, le 9 octobre 2026 –
Damien Colcombet, sculpteur animalier

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Passionné par le monde animal depuis son plus jeune âge, Damien Colcombet a quitté son emploi dans la finance pour se consacrer pleinement à sa passion : la sculpture animalière. C’est à Écully, dans un atelier attenant à sa maison, qu’il façonne chaque jour ses pièces, qu’il apporte ensuite à la Fonderie Barthélémy Art pour les faire fondre selon le procédé de la cire perdue et leur donner vie en bronze. Devenu une référence dans son domaine, il expose aujourd’hui ses œuvres partout en France et au-delà. Itinéraire d’un amoureux de la nature et de la création.

Damien Colcombet © RCF LyonDamien Colcombet © RCF Lyon

RCF LYON : À quand remonte votre passion pour les animaux et la sculpture ? 

Damien Colcombet : Les animaux, c’est vraiment de naissance. C’est assez curieux. Pourquoi ? Je ne sais pas. Est-ce que c’est dans les gènes ? J’avais un grand-père qui était passionné par les animaux, qui, plus tard, à 18 ans, m’a emmené au Kenya. Puis en Tanzanie, j’avais un père ingénieur agronome. J’étais dans une famille de chasseurs qui, même si je n’avais pas mon permis, je les accompagnais et j’observais le petit gibier, puis plus tard le grand gibier. Je ne peux pas vous dire pourquoi. Il y a des gens qui sont passionnés par le foot, d’autres par les voitures. Moi, ce sont les animaux. Et quand je vois un animal, je l’observe sous toutes ses coutures, je l’étudie. 

Pour la sculpture animalière, c’est quand j’étais lycéen, à Rennes, où je suis né. Je suis passé chez un antiquaire. Il y avait un bronze, un héron. C’était le héron pris au piège : il était couché, son aile immense s’étendait, et il avait une patte prise dans un piège à loup. C’était quelque chose de dramatique. Et je l’ai trouvé magnifique. C’était un choc incroyable. J’ai admiré la qualité : on voyait chaque plume, chaque patte. Dieu sait si les pattes des hérons sont fines, les ongles. Et vraiment, j’ai été saisi et ça m’a poussé à m’intéresser à la sculpture animalière qui a fleuri au XIXe siècle.

C’était un choc incroyable ! J’ai admiré la qualité : on voyait chaque plume, chaque patte. Dieu sait si les pattes des hérons sont fines, les ongles…

RCF LYON : Pourtant vous allez vous orienter vers une autre carrière au départ …

Damien Colcombet : Oui, j’ai commencé ma carrière dans la finance, après des études assez généralistes, et j’ai passé 20 ans dans la finance, dont 10 comme directeur financier d’une entreprise dans laquelle il y avait beaucoup de stress, parce qu’il y avait une grande croissance. Après, il y a eu des plans sociaux, etc. Et à cette époque-là, je dois dire que je ne faisais que travailler. C’est mon épouse qui a trouvé qu’il fallait que j’aie un dérivatif. Elle m’a dit : « Prends des cours de sculpture le soir, ça va te distraire ». J’ai trouvé cette idée très curieuse, mais j’ai obéi. J’y suis allé, c’était un peu la course le soir pour y arriver, mais j’ai commencé ces cours près de la place Carnot à Lyon, chez Yvonne Dumas. C’est donc ce premier élément qui fait que j’ai mis les mains dans la terre et j’ai commencé à réaliser les animaux.

RCF LYON : À quel moment vous êtes-vous dit que la sculpture pouvait devenir votre métier ?

Damien Colcombet : L’entreprise dans laquelle j’ai travaillé pendant 12 ans a finalement mis la clé sous la porte. Et donc, après avoir géré une très, très, très grosse liquidation, je m’apprêtais à rechercher du travail. Et elle a émis l’idée que d’abord, je fasse une petite pause après cette période éprouvante et ensuite que j’essaye de vivre de ma sculpture, que ça devienne ma profession et que je fasse vivre la famille. Nous avions quatre enfants à l’époque, on en a cinq maintenant, pour voir si c’était possible. Et ça fait 15 ans que je fais l’essai et que ça marche.

RCF LYON : Quand vous commencez une nouvelle sculpture, quelle est votre méthode de travail ? Est-ce que vous vous appuyez sur des photographies ou des dessins ?

Damien Colcombet : Chaque artiste a sa façon de faire. Il y en a qui ont des photos, il y en a qui ont des portraits d’animaux sous les yeux, etc. Moi, je m’imprègne vraiment de l’animal, mais je ne veux pas de photos. Vous voyez, autour de nous, sur la table, il n’y a pas de photo. Parce que si j’ai une photo, je vais finalement réaliser l’œuvre qui est en photo, mais ce ne sera plus tout à fait ma création. Donc, c’est dans mon imagination, tout part dans ma tête […] Je passe mon temps à faire des essais. J’ai un bloc, je ne dessine pas. J’ajoute, j’enlève, j’ajoute, j’enlève, en faisant des essais en permanence, puisque je n’ai pas de photo. Beaucoup à la main, quelques fois avec des petits outils de sculpteur, de modeleur, qui sont des mirettes et des ébauchoirs. J’ai un couteau à mastic, j’ai des pinceaux, j’ai un peu de tout. Et puis, c’est mon œil qui dit : « Stop, arrête, ça, c’est juste. Là, c’est bien ».

Le bronze, c’est absolument extraordinaire

RCF LYON : L’idée c’est qu’ensuite, vous allez dans la Drôme, à la fonderie Barthélemy, pour que votre sculpteur en terre se transforme en bronze. Pourquoi avoir choisi le bronze ? 

Damien Colcombet : « La terre est fragile. Même si elle était cuite, elle se casse, elle tombe, elle se casse.

Le bronze est quasi éternel. L’âge de bronze, ça ne date pas d’hier. En plus, c’est une matière qui magnifie la sculpture ! C’est-à-dire qu’avec la patine, qui est une oxydation de la pièce, on peut lui donner les reflets qu’on veut, la chaleur que l’on souhaite. On peut y toucher. J’ai beaucoup d’artistes, de collectionneurs qui me disent : “Mais est-ce que je peux toucher ?” Je dis : “Mais bien sûr, ne touchez pas un tableau, mais une sculpture, allez-y, caressez-la, il n’y a aucun problème.” Et il y a un côté très sensuel. Donc, la lumière se reflète dessus, ce qui ne se fait pas sur une terre. Le bronze, c’est absolument extraordinaire ».

RCF LYON : Qu’est-ce que vous ressentez quand vous voyez une de vos œuvres finies ? 

Damien Colcombet : Le moment le plus fort, le plus émouvant, c’est quand la patine est terminée à la fonderie, que la pièce, on met de la cire, on la frotte et elle est resplendissante. Et c’est un moment incroyable. J’ai l’impression que, pour tout vous dire, que ce n’est pas moi qui l’ai fait. Je n’en reviens pas. J’ai l’impression que l’animal a pris son indépendance, a pris sa vie, c’est extrêmement émouvant ».

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