La fonderie et Piwi

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Par : piwi
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jeudi 07 Nov, 2013
Catégorie : Economie

Outreau Technologies accède enfin à la reconnaissance grâce à son savoir-faire

Retour sur un rebondissement.- Il y a un an, en novembre, Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, visite Outreau Technologies accompagné de Guillaume Pépy, patron de la SNCF. À l’époque, Outreau Technologies est propriété du groupe Manoir Industries (lui même propriété d’un fonds de pension américain Sun Capital Partners) qui s’apprête à céder au Chinois Tai Hai sa division spécialités dans laquelle se trouve la fonderie d’Outreau. Le ministre et le patron de la SNCF, société cliente d’Outreau Technologies, font passer un message au patron de Manoir Industries : pas question de sacrifier Outreau au dragon chinois ! C’est stratégique. « Je vois encore Guillaume Pépy, ici, dans mon bureau, s’opposer fermement à ce rachat », se souvient Pascal Delgrange, le directeur. Frédéric Cuvillier est aussi à la manœuvre pour trouver une autre solution. Outreau Technologies détient un savoir-faire unique qu’il faut préserver : le cœur de voie monobloc au manganèse. « On utilise un acier particulier qui a la capacité de durcir au choc. Plus le train va passer, plus ça va durcir. » Avec une spécificité outreloise : « le pré-durcissement de l’acier par explosion avec une fine couche d’explosif à vitesse de propagation énorme.Ça durcit la couche sur 15 mm là où la roue du train frotte ». Finalement, Tai Hai reprend bien Outreau Technologies fin février mais le revend, à contrecœur, cinq mois plus tard, en juillet, à Vossloh Cogiger, un groupe allemand et français, qui inspire plus confiance à l’état français.
Qui est Vossloh Cogifer ?- Vossloh Cogifer est une entité d’un des leaders mondiaux de l’infrastructure ferroviaire, le groupe allemand Vossloh. Vossloh Cogifer (500 M € de CA et 2500 salariés) fabrique des appareils de voie, des systèmes de signalisation, des systèmes pour optimiser la sécurité des voies, des systèmes de signalisation etc. La direction de Vossloh Cogiger est basée à Rueil-Malmaison, en région parisienne, et la direction est française. La maison mère, Vossloh, est elle Allemande. Pour la petite histoire, avant ce rachat, Vossloh Cogifer était à la fois cliente et concurrente d’Outreau Technologies car elle possède des fonderies, notamment une en Espagne, qui était concurrente d’Outreau. « On est devenus cousins », sourit Pascal Delgrange, également directeur industriel de toutes les fonderies du groupe en Espagne, au Brésil, en Inde, en Chine et e Russie.
Quel avenir pour Outreau et ses 200 salariés ?.- La société tourne bien, réalise 22 M € de CA et s’apprête à recruter. Le prédurcissement par explosion, actuellement sous-traité en République Tchèque, pourrait revenir dans le Boulonnais. « On envisage de le faire dans le Boulonnais en chambre d’explosion. On serait les seuls à maîtriser cela. Si ce projet aboutit, on récupérerait tous les cœurs de voie du groupe pour les prédurcir ici. Ce serait une corde en plus à notre arc. » Ce n’est pas le seul projet. Outreau est en train de devenir un pôle d’excellence dans son domaine afin de faire profiter les autres fonderies du groupe Vossloh Cogifer de son expertise. « On est en phase de développement. Un collaborateur d’Outreau part dimanche au Brésil afin d’aider une fonderie du groupe qui a des problèmes de qualité. L’idée, c’est d’utiliser les bonnes pratiques d’Outreau pour les mettre en œuvre dans les autres fonderies du groupe Vossloh. » Et il y en a partout dans le monde.

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1 commentaire pour : "Outreau Technologies accède enfin à la reconnaissance grâce à son savoir-faire"

  1. Cela me fait toujours plaisir de constater quil y a un avenir pour les métiers, forge et fonderie, dans notre pays alors qu’il y a quelques années, certains technocrates n’hésitaient pas à nous dire que l’avenir était au Sud ou dans le Sud est asiatique !
    A quand un recentrage au niveau de l’éducation nationale pour promouvoir ces métiers et bien d’autres afin de pourvoir un certain nombre de postes vacants qui ne trouvent pas de postulants, alors que bon nombre de bacheliers vont grossir les rangs de pôle emploi.
    Si on veut copier les allemands, il faut copier ce qui est bon.

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