La fonderie et Piwi

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Par : piwi
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vendredi 15 Sep, 2023
Catégorie : Piwi en vadrouille

Le sable un matériau bien connu des fondeurs

Jean-Marc Jancovici Président The Shift Project

 

En poids, nous prélèvons chaque année dans le sous-sol environ 4 milliards de tonnes (Md t) de minerai de fer (le premier des minerais métalliques de loin), environ 3,5 Md t de gaz, 4,5 Md t de pétrole, un peu moins de 9 Md t de charbon, mais tout cela n’est rien face au sable et aux granulats, dont 50 Md t – soit environ 6 tonnes par habitant – sont extraits chaque année de la croute terrestre.

Cela fait de ce matériau, et de loin, le deuxième le plus extrait de l’environnement en poids après l’eau. Au sein de ces 50 milliards, un gros 10% vient de l’océan, avec des bateaux qui draguent les fonds pour en extraire ce composant indispensable pour la fabrication du béton (le reste de l’extraction vient de sites terrestres, qui sont pour l’essentiel… des lits de rivière).

La béton est en effet un mélange de matériaux solides en grains – sable, granulats, ou parfois… du béton récupéré dans un bâtiment déconstruit, puis concassé – et d’un liant dit hydraulique, c’est à dire un matériau pulvérulent qui se solidifie quand il est mélangé à de l’eau (du ciment l’essentiel du temps, dont 4 Md t sont fabriqués chaque année).

Or, du béton, nous en utilisons actuellement beaucoup pour construire les villes et les infrastructures. Outre au sein des bâtiments, il y a du béton dans les routes et rues (les bordures & trottoirs, glissières de sécurité…), voies de chemin de fer (traverses), ouvrages d’art (ponts et tunnels), pistes d’aéroport, quais de ports, digues, et d’une manière générale dans toutes les implantations humaines. « Aménager l’espace » est souvent… y couler du béton.

Les Nations Unies s’en émeuvent (du sable prélevé dans l’océan, pas – cette fois-ci – de l’artificialisation qui y fait suite !), au point d’ouvrir un site Internet qui permet de visualiser où ont lieu les extractions de sable marin (ou dans les estuaires et les fleuves), ou encore d’identifier la nationalité des bateaux qui draguent les fonds ou les dépôts de sable à terre (https://lnkd.in/e56GN84z ).

On attendrait plus la création d’un tel site d’une ONG de défense de l’environnement, puisqu’il permet éventuellement d’enclencher des actions visant des zones particulières ou des actions particulières. D’habitude les organismes « de place » fournissent plutôt des informations agrégées, laissant le soin du « name and shame », de l’action en justice, ou autre, à des mouvements militants un peu plus offensifs.

Du sable, l’érosion en fabrique certes en permanence à partir des roches : de 10 à 16 Md t par an pour ce qui arrive dans l’océan. Si globalement le compte y est toujours, localement ou régionalement cela peut ne plus être du tout le cas.

Comment diminuer cette pression sur l’environnement et sur les écosystèmes ? (car il y a un paquet de bestioles dérangées par l’activité des dragues…) Au bout du bout, c’est bien la question. On voit mal comment échapper à moins de bâtiments et d’infrastructures « globalement ». Encore un problème pas simple de posé !

 

Les Nations unies dénoncent une surexploitation mondiale du sable

lesechos.fr • Lecture de 3 min

 

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