Elle devait passer des pièces automobiles aux obus de mortier: la Fonderie de Bretagne, créée par Renault il y a 60 ans, n’a pas de repreneur et devrait disparaître
Aucune offre de reprise n’a finalement été confirmée pour la Fonderie de Bretagne (FDB), reprise en 2025 par Europlasma, qui devrait donc être placée en liquidation judiciaire jeudi par le tribunal de commerce de Lorient, ont déploré mardi le gouvernement et la CGT.
« On a appris ce matin (mardi) en comité social et économique (CSE) qu’il n’y aura pas d’offres présentées au tribunal de commerce », a déclaré Eric Blanchier, élu CGT de la Fonderie de Bretagne.
Cela signifie que l’usine historique de Caudan (Morbihan), qui emploie à ce jour 244 salariés, va être mise en liquidation judiciaire, a précisé le syndicaliste.
Selon lui, un repreneur sérieux s’était manifesté et a négocié avec l’État et Renault, donneur d’ordre historique de FDB qu’il avait créée en 1966, mais « en fin de compte il n’a pas obtenu ce qu’il voulait ». Cet « industriel européen », dont le nom n’a pas été dévoilé, avait besoin d’un délai de 14 à 15 mois pour « apporter des volumes de production » suffisants à FDB, a dit Eric Blanchier.
« La mobilisation de l’État a été totale avec les collectivités locales », a assuré le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, dans une réaction transmise.
« Encore ces derniers jours, j’ai tenté de convaincre un groupe industriel intéressé de confirmer son offre, en lui proposant un soutien financier de l’État pour l’aider à la reprise. Malgré ces efforts, il n’a pas souhaité confirmer son offre », ajoute le ministre.
Un engagement de 15 millions d’euros
Au total, trois offres de reprise avaient été initialement déposées pour Fonderie de Bretagne, selon les administrateurs judiciaires, qui n’avaient pas dévoilé le nom de ces « acteurs industriels ». FDB a été placée en redressement judiciaire début juillet pour cessation de paiement, à peine plus d’un an après sa reprise par Europlasma, groupe spécialisé dans la dépollution et la fabrication de pièces forgées pour l’industrie de la défense.
Europlasma s’était engagé à investir sur le site de Caudan 15 millions d’euros sur trois ans et affirmait vouloir diversifier la production, notamment avec la fabrication de corps creux pour des obus de mortier. Mais selon la CGT, le groupe n’a jamais versé l’intégralité des sommes promises et la production de FDB, interrompue après un incendie en janvier 2026, n’a pas réellement repris.
Conscient de « l’inquiétude légitime des salariés », Sébastien Martin dit qu’il sera « particulièrement vigilant à ce que le PSE (plan social) leur soit favorable. »
La Fonderie de Bretagne avait été créée en 1966 par Renault. L’entreprise est spécialisée dans la fabrication de pièces métalliques en fonte destinées principalement à l’industrie automobile. Concrètement, l’usine fait fondre du métal à très haute température avant de le couler dans des moules pour fabriquer des pièces mécaniques complexes, notamment des bras de suspension, des porte-fusées ou des pièces de liaison au sol qui équipent les véhicules.

