Fonderie Lorraine : une grève massive qui défie les licenciements et met les patrons sous pression
Depuis une semaine, les travailleurs de la fonderie de Grosbliederstroff sont en grève reconductible contre la fermeture programmée de leur usine à l’horizon 2027. Avec près de 90 % de grévistes, le mouvement est massif et déterminé : jour et nuit, les salariés se relaient sur le piquet pour défendre leurs emplois et leurs vies.
2 avril
La Fonderie de Lorraine est une usine détenue à moitié par Voit Automotive et à moitié par ZF Friedrichshafen, célèbre fabricant de boîtes de vitesses. L’usine de Grosbliederstroff produit des pièces moulées en aluminium, presque exclusivement pour ZF. La direction prépare depuis des années le terrain. D’abord 80 suppressions de postes annoncées, aujourd’hui une fermeture totale : une stratégie classique pour habituer les travailleurs à l’inacceptable. Mais cette fois, les salariés ont refusé de courber l’échine.
En bloquant l’usine dès le début du mouvement, ils ont posé une réalité simple : sans eux, rien ne tourne. Face à cela, le patronat n’a trouvé qu’une seule réponse : la répression, en traînant les syndicats devant les tribunaux pour tenter de criminaliser la grève.
Face aux licenciements, la seule réponse : la grève
Malgré les pressions judiciaires, les grévistes ont tenu bon. Le blocage a été levé, mais pas la mobilisation. Sur le piquet, les équipes s’organisent, discutent, s’entraident. Des soutiens affluent, alimentent la caisse de grève, viennent échanger avec les salariés. Face aux manœuvres de la direction, qui fait traîner les négociations pour épuiser le mouvement, les travailleurs répondent par l’unité et la détermination.
La grève commence déjà à produire ses effets. Les lignes sont à l’arrêt, et la situation met directement sous pression ZF, dépendante de cette production pour alimenter ses clients, notamment BMW. Résultat : les donneurs d’ordre s’inquiètent, les tensions montent dans toute la chaîne de valeur. Preuve que le rapport de force s’inverse : ZF a proposé de payer les jours de grève pour obtenir une reprise du travail. Une tentative balayée par les travailleurs, qui ont voté à l’unanimité la poursuite de la grève.
Sur le piquet, la colère est profonde. Beaucoup de salariés racontent des décennies de travail, souvent au détriment de leur santé, pour aujourd’hui être jetés comme des variables d’ajustement. Derrière cette fermeture, il n’y a aucune fatalité économique. Il y a des choix politiques et patronaux : ceux de groupes comme ZF, qui engrangent des profits tout en organisant la casse industrielle. Ce dernier est par ailleurs entrain de convertir une grande partie de ses industries au service de la production d’armement. 350 familles sont menacées. Et pour quoi ? Pour préserver les profits.
Soutenir et élargir la lutte
Ce qui se joue à Grosbliederstroff concerne l’ensemble du monde du travail. Face aux plans de licenciements qui se multiplient, une conclusion s’impose : sans rapport de force, il n’y a aucune protection.
À l’inverse, cette grève montre que lorsque les travailleurs s’organisent collectivement, ils peuvent faire vaciller toute une chaîne industrielle — et imposer un coût réel au patronat. C’est précisément cette voie qu’il faut généraliser pour obtenir gain de cause.
La solidarité est décisive pour permettre aux grévistes de tenir dans la durée, en alimentant la caisse de grève, en rejoignant le piquet et en faisant connaître la lutte !
Ces licenciements s’inscrivent dans le cadre d’une saignée plus large, avec de nombreuses usines du secteur automobile menacées pour préserver les profits des constructeurs. Pour obtenir gain de cause, il faut unir les travailleurs de toute la branche et revendiquer :
- L’interdiction des licenciements
- La répartition du travail entre toutes et tous sans baisse de salaire
- L’ouverture et le contrôle des comptes des entreprises de toute la branche
- La nationalisation sans rachat et la mise sous contrôle des travailleurs des groupes qui licencient pour préserver leurs profitsLa lutte des travailleurs de la Fonderie Lorraine montre une chose essentielle

