La fonderie et Piwi

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Par : piwi
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mercredi 31 Mai, 2023
Catégorie : Non classée

En voie pro, on arrive « encore un peu trop par hasard »

Le Parisien ETUDIANT orientation

Alors que la réforme du lycée pro soulève encore de nombreuses interrogations, nous avons rencontré les lycéens et BTS d’une section fonderie. Si la majorité s’est découvert une passion, beaucoup sont arrivés par hasard, après avoir scrollé sur YouTube ou croisé un prof soucieux de leur avenir.

Les élèves du BTS Fonderie coulent la fonte dans des moules, sous le regard des bac pro. LP/Claire Berthelemy
Les élèves du BTS Fonderie coulent la fonte dans des moules, sous le regard des bac pro. LP/Claire Berthelemy

Le 30 mai 2023 à 10h44

« C’est en regardant sur YouTube que je suis tombé sur la fonderie. Sinon je serai allé en informatique », explique Léonard, 17 ans, ravi de sa scolarité en bac pro fonderie au lycée Gustave-Eiffel d’Armentières (Nord), « tant qu’il n’est pas devant un bureau ». Comme Luka et Sasha, 17 ans aussi, Marcel, 16, et Rodrigue, 18, il a passé la journée à alimenter une immense cheminée et surveiller la température à l’intérieur pour qu’elle atteigne 1 300°, température de fusion de la fonte.

Derrière eux, les BTS ont pu couler l’alliage ainsi obtenu dans des moules entreposés devant eux. Tous – il n’y a pas une seule fille cette année – se destinent aux métiers de la fonderie, procédé indispensable à l’élaboration de pièces allant de la cocotte en fonte à la pièce de prothèse de rotule.

« Beaucoup se joue autour de la rencontre »

Si Rodrigue ne découvre pas les conditions de travail, car il a « de la famille chez Staub », dont l’usine française se situe à Merville à quelques kilomètres d’Armentières, Luka a débarqué ici après un forum des métiers. Plutôt destiné aux métiers de la restauration, après un CAP cuisine avec son cousin, la rencontre a eu pour lui l’effet d’un déclic.

C’est aussi une rencontre qui a embarqué Pierre dans cette filière. L’ancien élève est venu assister au ballet bien rodé des élèves du bac pro et du BTS pour fondre l’alliage. Le jeune homme a été embauché par Staub à la sortie de son BTS : « Je suis arrivé un peu par hasard et je ne savais pas quoi faire après mon bac STI2D. J’étais en architecture et construction et mon prof d’archi m’a proposé de venir voir à quoi ressemble le BTS fonderie. J’y suis allé. »

La première année, il teste un peu les enseignements, « pour voir ». La 2e, il la passe en alternance chez Staub. « Ça m’a donné envie, l’entreprise m’a confié assez vite des responsabilités et je leur donnais satisfaction », se souvient celui qui était à peine majeur. Deux ans plus tard, à 21 ans, après avoir décroché son diplôme et été formé au management, il codirige une équipe de 40 personnes.

« Choisir son orientation, c’est pouvoir aller dans un parcours pro ou de vie qui correspond à nos attentes, nos aspirations et nos compétences », abonde Armand Cosseron, qui a cofondé Tu feras quoi plus tard, une asso qui lutte pour une meilleure orientation : « Beaucoup se joue autour de la rencontre, celle avec quelqu’un qui peut inspirer. Aider les jeunes à s’orienter c’est favoriser les rencontres avec les professionnels qui peuvent venir partager leur métier et la manière dont on peut y arriver. Le hasard sera plus ou moins fort en fonction de l’accès qu’on a à l’information. Plus j’ai de contacts et plus j’ai l’occasion de me projeter dans un parcours. »

Un emploi à la clé

Les stages en filière pro sont nombreux et permettent aux jeunes de se familiariser avec le monde de l’entreprise, mais pas seulement. Ils sont aussi une porte d’entrée vers une alternance, qui arrive parfois à point nommé. « La moitié de nos élèves reçoit une proposition d’apprentissage à l’issue de leur stage et ils peuvent percevoir jusqu’à 1 000 euros », précise Nicolas Armingaud, le directeur délégué aux formations du lycée Gustave-Eiffel. Avec des profils issus en majorité des classes populaires, la rémunération est « bien supérieure à une bourse ».

Zone de commentaire !

2 commentaires pour : "En voie pro, on arrive « encore un peu trop par hasard »"

  1. Ce constat m’étonne beaucoup car je pensais, certainement naïvement, que les CPO des collèges étaient là pour conseiller et aider les élèves et éviter qu’ils ne passent à côté de quelque chose et pourquoi pas de leur vie.
    Ce constat est en fait grave car si il semble pourvoir la fonderie par des gens intéressés mais je ne doute pas que certains vont s’y retrouver sans que cela relève de leur volonté.
    La vie leur montrera qu’il existe un nombre de métiers très difficile à quantifier et qu’au final un élève moyen peut s’avérer très bon lorsqu’il est intéressé voir passionné mais le contraire existe aussi et ils se diront mais je ne savais pas et ce sera un peu tard même si de nombreuses possibilités et passerelles existent aujourd’hui.
    Vous l’aurez compris c’est un peu du vécu qui s’est bien fini mais ….

  2. Phénomène pas nouveau. Ca se passait de la même façon, il y a quelques décennies, pour moi. Entre les refus de la part des conseillers et profs (il n’y a pas de débouchés dans cette filière, il ne faut pas aller en technique (sous-entendu : filière dévalorisante!)), les parents qui ne savent pas trop se renseigner, on est bien seul lorsqu’il faut faire un choix d’orientation. Alors, c’est parfois un peu le hasard, ou la chance.
    Certains se retrouvent en fonderie sans avoir le niveau, sans en avoir le moindre intérêt. D’autres, comme moi, accrochent à ce beau métier et ne le regrettent pas.

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