47 000 chanceux ont eu le privilège de voir les fleurons de l’Armée de l’air française réunis : Rafale, A400M, Mirage 2000 et même la Patrouille de France, sur une base habituellement fermée au public
- Par Adrien Conges
47 000 personnes ont franchi les grilles d’une base habituellement interdite au public : voici ce qui s’est réellement passé à Saint-Dizier.
Les 12 et 13 septembre 2026, la base aérienne 113 de Saint-Dizier a ouvert son tarmac au grand public pour la première fois depuis quatre ans. Rafale, Mirage 2000D, F-16 turcs, Tornado allemands et italiens : le programme avait de quoi attirer les curieux comme les passionnés d’aviation. Retour sur un événement qui a dépassé toutes les attentes, et sur ce qui rend cette base si particulière.
À lire également :
- Record mondial pour Airbus qui vient de prouver que son hélicoptère phare, même plébiscité par l’armée Française, est capable de voler plus de 3 000 heures
- Grâce au Rafale et à l’échec des années 80, Dassault est en train de développer le vaisseau spatial dont la France et même l’Europe ont tant besoin
Défense : succès massif des portes ouvertes de la BA 113 de Saint-Dizier
L’essentiel sur les démonstrations aériennes, le rôle stratégique et l’impact local
| Fréquentation record | 47 000 visiteurs les 12-13 septembre 2026 pour la réouverture au public après 4 ans. |
| Programme & Shows | Démonstrations de la Patrouille de France, Rafale Solo Display et avions de l’OTAN. |
| Rôle stratégique | Cœur de la dissuasion nucléaire (Rafale B / ASMPA-R) et permanences de police du ciel. |
| Patrimoine | Inauguration du P-38 restauré d’Antoine de Saint-Exupéry, parrain emblématique de la base. |
| Poids économique | Premier employeur de Haute-Marne avec >2 000 personnels et 700 emplois indirects. |
A400M, Mirages 2000, Rafales, PdF réunis sur une base habituellement fermée
Pendant deux jours, la base a transformé ses hangars et sa piste en véritable vitrine de l’aviation militaire française et européenne. Le public a pu admirer une trentaine d’aéronefs, entre démonstrations en vol et présentations statiques : Rafale, Mirage 2000D, A400M Atlas, A330 MRTT Phénix, mais aussi des avions de collection comme le Yak-52 ou le Klemm 35.
Les temps forts ont rythmé les deux journées : le Rafale Solo Display, la Patrouille de France, une démonstration tactique de l’A400M et le saut des parachutistes Phénix. Les visiteurs ont également pu s’installer dans des cockpits, tester des simulateurs de vol et découvrir de plus près le système de défense sol-air Mamba.
Petit clin d’œil à l’histoire de l’aviation : le comité historique de la base a dévoilé la rénovation d’un P-38 Lightning, l’avion qu’a piloté Antoine de Saint-Exupéry, parrain de la base. La veille de l’ouverture, environ 500 élèves haut-marnais avaient déjà eu droit à une avant-première, avec répétitions et présentation des métiers de l’armée de l’Air et de l’Espace.
Une base aérienne au cœur de la dissuasion nucléaire française
Derrière l’aspect spectacle, la BA 113 occupe une place à part dans le dispositif militaire français. Elle fait partie des trois bases considérées comme stratégiques par l’Armée de l’Air et de l’Espace, et c’est la seule à réunir sur un même site les avions, les missiles et les équipages de la composante aérienne nucléaire.
Deux escadrons de Rafale B, Gascogne et La Fayette, sont en mesure de mettre en œuvre le missile ASMPA-R, déclaré opérationnel en novembre 2025. À cela s’ajoute une mission de police du ciel assurée en permanence, 24 heures sur 24 et 365 jours par an, ainsi que la formation des pilotes de Rafale via l’escadron Aquitaine. La base a aussi une longue histoire opérationnelle : premiers tirs de combat en Afghanistan en 2007, ouverture des frappes en Libye en 2011, raid vers le Mali en 2013, ou encore tirs de missiles SCALP-EG en Syrie en 2018.
Pourquoi une réouverture seulement maintenant ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la base n’a jamais vraiment fermé : elle a continué à fonctionner normalement entre 2022 et 2026, sans jamais interrompre ses missions.
Ce qui a changé, c’est l’accès du grand public, réservé à des journées portes ouvertes ponctuelles. La précédente édition remontait à juin 2022, d’où le délai de quatre ans mis en avant dans la communication du ministère des Armées. Plusieurs raisons expliquent ce choix de rouvrir les portes en 2026 :
- Renforcer le lien entre les armées et les citoyens en rendant visibles des missions souvent méconnues, comme la dissuasion ou la police du ciel.
- Valoriser des équipements récents, du Rafale au système Mamba, en passant par les essais de ballons captifs anti-drones menés en septembre 2026.
- Mettre en lumière l’ancrage local de la base, premier employeur de la Haute-Marne.
Un site militaire avec un réel impact économique
L’impact économique et social de la BA 113 dépasse largement son enceinte. Voici quelques chiffres qui donnent la mesure de son poids local :
| Indicateur | Chiffre |
| Personnel sur la base | Environ 2 024 (militaires et civils) |
| Réservistes | 192 |
| Habitants concernés (110 communes) | Près de 3 800 |
| Familles installées dans l’agglomération | 950 |
| Enfants scolarisés | 1 400 |
| Emplois indirects générés | 700 |
| Visiteurs lors des JPO 2026 | Près de 47 000 |
Ces chiffres illustrent une réalité simple : à Saint-Dizier, la base aérienne n’est pas seulement un lieu stratégique pour la défense nationale, elle fait partie du quotidien de milliers de familles.
Ce succès populaire, avec près de 47 000 visiteurs en un week-end, montre à quel point ce genre d’événement répond à une vraie curiosité du public pour l’univers militaire et aéronautique. Reste à savoir si la prochaine ouverture se fera à nouveau attendre quatre ans, ou si l’engouement de cette édition poussera l’Armée de l’Air à resserrer le rythme des prochaines journées portes ouvertes.
- Ministère des armées et des anciens combattants
- Images : © Armée de l’air et de l’espace
Articles récents
Après Hawaï et l’Australie, la finale mondiale du bodysurf choisit Anglet pour sa toute première escale européenne
- Par Alain Etcheburu
- 28 Septembre
25 km pour acheter du pain : en Nouvelle-Aquitaine, 32 villages ont trouvé la parade sans ouvrir un seul commerce classique
- Par Christelle de Chastignac
- 28 Septembre
Moins 46 % d’émissions d’ici 2031 : ce que l’assiette vient faire dans le plan climat de l’agglomération de Pau
- Par Alain Etcheburu
- 28 Septembre
À 145 mètres d’altitude seulement, la forêt des Landes cache un ciel de 4 000 étoiles que deux villages vont dévoiler
- Par Vincent Viognier
- 28 Septembre





