La fonderie et Piwi

MENU
Par : piwi
0
lundi 02 Nov, 2026
Catégorie : Au hasard

Tribune : « il faut passer d’une aristocratie des diplômes à une démocratie des talents » »

Tribune

« La machine à reproduire les élites s’est emballée : il faut passer d’une aristocratie des diplômes à une démocratie des talents »

Derrière la contestation lycéenne qui agite la France, Daniel Karyotis, ancien dirigeant de banque, voit le symptôme d’un mal plus profond : l’escalier social s’est brisé. Fils de douanier, fils d’épicier devenus grands patrons… cette France qui faisait rêver n’existe plus, estime-t-il.

Paris, 7 octobre 2026. Des lycéens manifestent près de Sciences Po pour dénoncer des conditions d'apprentissage dégradées.
Paris, 7 octobre 2026. Des lycéens manifestent près de Sciences Po pour dénoncer des conditions d’apprentissage dégradées. (Julien De Rosa/AFP)

Par Daniel Karyotis (ancien dirigeant de banque) Publié le 30 oct. 2026

Jusqu’au début des années 2000, la France s’appuyait sur un système scolaire qui permettait d’identifier très en amont des aptitudes particulières chez certains collégiens. Les enseignants pouvaient alors jouer pleinement leur rôle de détecteurs de talents.

Cet environnement n’était pas optimal et beaucoup restaient au bord du chemin. Mais j’avais l’impression que chacun pouvait réussir, et cela a été un puissant moteur de motivation pour moi, qui n’étais pas issu d’un milieu privilégié.

Je me souviens, jeune étudiant, des portraits de dirigeants de grandes entreprises que publiait le magazine « L’Expansion ». Ils me paraissaient inaccessibles. Puis je découvris que tel grand patron était fils de douanier, tel autre fils d’épicier ou de cheminot. Il en va de même pour certains responsables politiques, comme Gérald Darmanin, dont la mère était concierge. Cela m’avait convaincu qu’en France, la réussite était possible pour chacun.

Ce phénomène a duré plusieurs décennies : on l’appelait « méritocratie républicaine » ou « ascenseur social ».

L’escalier social s’est brutalement arrêté

Que s’est-il passé à partir des années 2000 ? Pourquoi l’escalier social s’est-il brutalement arrêté, alors que l’ascenseur social existe encore ? Le mouvement lycéen d’aujourd’hui, au-delà de la manipulation et de la récupération politique observées, doit aussi être analysé sous ce prisme.

Première observation : celles et ceux qui ont bénéficié de l’escalier social ont poussé leurs propres enfants à faire les meilleures études possibles. Il suffit de regarder la descendance des dirigeants issus de milieux modestes pour le vérifier, avec parfois une reproduction à l’identique du parcours (X, ENA, HEC…).

Seconde observation : la situation économique de notre pays se détériore progressivement, et le réflexe de repli sur soi est devenu très puissant. On se protège d’abord soi-même, ensuite les siens, enfin celles et ceux sortis du même sérail ; on exclut tous les autres. Et les jeunes le ressentent fortement en 2026.

us les secteurs d’activité – médecine, barreau, médias, cinéma, littérature -, on retrouve régulièrement N’est-il pas surprenant que, dans toles « fils de » et les « filles de » ? Difficile de se faire une place dans un tel contexte.

La méritocratie est mise à mal, et la médiocratie nous tend désormais les bras.

Avec le baccalauréat « pour toutes et pour tous » – belle idée à l’origine -, notre système scolaire a déraillé, comme l’illustre Parcoursup, formidable usine à gaz administrative.

Celles et ceux qui visent de brillantes études enchaînent dès le collège les cours de soutien pour prendre de l’avance. Le simple bachelier a donc peu de chances de performer après le bac, d’autant que les parents lâchent prise vite devant la complexité des matières. Vive le marché lucratif des cours particuliers et des concours !

Zone de commentaire !

0 commentaires pour : "Tribune : « il faut passer d’une aristocratie des diplômes à une démocratie des talents » »"

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Dernières publications


Toutes nos catégories

Articles par années

Les partenaire de Piwi