Samedi, le plus puissant et le plus récent des réacteurs français sera à l’arrêt pour une durée d’un an. Une longue pause qui permettra à EDF de mener une opération de maintenance d’une ampleur inédite. Cet arrêt, qui intervient un peu moins de deux ans après le raccordement au réseau du réacteur, est une nouvelle illustration de la difficulté de la filière nucléaire française à mener à bien ce chantier titanesque.
Vingt mille opérations et un nouveau couvercle XXL en acier : l’EPR de Flamanville à l’arrêt pendant un an pour une grande maintenance
EDF va mener une opération de maintenance d’une ampleur inédite sur le plus puissant et le plus récent des réacteurs français. Deux ans après sa mise en route, l’EPR n’a pas encore tenu toutes ses pro
Par Amélie Laurin
Samedi, le plus puissant des réacteurs français va s’arrêter. Il ne redémarrera que 350 jours plus tard, après sa première « visite complète ». L’expression désigne les opérations de contrôle et de maintenance auxquelles sont soumis les nouveaux réacteurs français, dans les trente mois suivant leur mise en route.
Pour l’EPR de Flamanville, le premier réacteur mis en service en France en vingt-cinq ans, le décompte a commencé en mai 2024, lors du chargement du combustible nucléaire. A un mois et demi de l’échéance, EDF se dit prêt pour cette opération à « plusieurs millions d’euros » qui totalisera « environ 20.000 activités, jusqu’à 2.500 personnes et 200 entreprises partenaires », a énuméré ce mardi Renaud Crassous, directeur adjoint performance de la division de production nucléaire d’EDF, lors d’un échange avec la presse.
Changement du couvercle de 99 tonnes
Des centaines de sous-traitants vont converger en Normandie, sur le site de la centrale bâtie en bord de Manche. Pour eux comme pour la plupart des opérateurs et des ingénieurs de l’électricien public, cette visite complète est une première dans leur carrière. Mais « c’est assez comparable à une visite décennale », relativise le responsable d’EDF, qui fait le parallèle avec la visite des quarante ans du réacteur de Paluel 1, recouplé au réseau il y a quelques jours.
Il n’empêche, l’arrêt de l’EPR est exceptionnel à plus d’un titre. Par sa durée, d’abord. Les visites complètes des derniers réacteurs à eau pressurisée, à Chooz (Ardennes) et Civaux (Vienne), s’étaient étalées sur « 190-200 jours » seulement.
En raison, ensuite, du changement du couvercle d’acier qui ferme la cuve du réacteur, défectueux depuis l’origine. La découverte d’un excès de concentration en carbone dans cette pièce maîtresse est l’un des nombreux épisodes qui ont émaillé le chantier calvaire de l’EPR, qui a accusé douze années de retard et vu sa facture multipliée par sept.

