Rétrofit hydrogène : une alternative prometteuse pour la décarbonation des poids lourds
deux solutions existent, chacune avec ses avantages et inconvénients.
« Le rétrofit est un enjeu d’économie circulaire au cœur des missions de l’ADEME » a introduit Armelle de Bohan, responsable transport et mobilité à l’ADEME lors d’un webinaire organisé le 13 mars dernier dans le cadre du programme EVE.
Dépendante du ministère de la Transition énergétique, l’ADEME a mené plusieurs études sur l’impact environnemental du rétrofit hydrogène. « Nous avons réalisé une évaluation multicritère, qui ne se limite pas au CO? mais intègre aussi l’épuisement des ressources », a précisé Armelle de Bohan. Les résultats sont encourageants : le rétrofit permet une réduction de 10 % supplémentaires des émissions de GES par rapport à un véhicule neuf.
Mais c’est surtout sur l’utilisation des matières premières que l’avantage est le plus marqué. « On observe un gain moyen de 50 % sur la consommation de métaux critiques » a chiffré la représentante de l’ADEME. Cette réduction est particulièrement visible pour les filières hydrogène, qui nécessitent moins de lithium et de cobalt que les véhicules à batteries électriques.
Pile à combustible ou moteur hydrogène : deux approches techniques
Président de 2C Consulting, Richard Lecoupeau a détaillé les deux grandes catégories de rétrofit hydrogène existantes, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.
« Le plus connu est le rétrofit à pile à combustible », a-t-il expliqué. « Concrètement, on retire le moteur diesel, la boîte de vitesses, le réservoir de gasoil et une partie des composants électriques », a-t-il précisé. En contrepartie, le véhicule est équipé d’une pile à combustible, d’une batterie de faible capacité et d’un moteur électrique.
Dans le fonctionnement, le rétrofit sur pile à combustible se rapproche d’un camion électrique, mais avec l’avantage d’un temps de ravitaillement rapide. « Cette solution est particulièrement efficace en milieu urbain et périurbain grâce à sa capacité à récupérer l’énergie au freinage » souligne Richard Lecoupeau qui pointe toutefois le frein du coût de la technologie. « Un rétrofit à pile à combustible coûte aujourd’hui environ