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Par : piwi
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jeudi 26 Mar, 2026
Catégorie : Actu flash

L’industrie européenne peut-elle survivre face à une concurrence chinoise ?

L’industrie européenne peut-elle survivre face à une concurrence chinoise qui a changé d’échelle ?

En dix ans, la Chine a cessé d’être seulement compétitive par les coûts.

Elle l’est aussi, désormais, par la qualité et la maîtrise technologique.

A l’image de la nouvelle concurrence dans l’automobile, peu de secteurs échappent à cette montée en gamme chinoise.

Pour l’Europe, en particulier pour l’Allemagne et son modèle fondé sur les exportations industrielles, le choc est frontal.

« Les Chinois sont en train de nous dévorer tout crus » : les ETI allemandes face à un tsunami

Après avoir longtemps été les rois du pétrole en Chine, les champions cachés du Mittelstand sont désormais aux prises avec une concurrence redoutable. La Chine est devenue un rival sur le plan technologique.

Les exportations chinoises de machines vers l'Europe ont bondi de 87 % entre 2020 et 2024, avec des produits de qualité à des prix bien inférieurs à ceux des fabricants européens.
Les exportations chinoises de machines vers l’Europe ont bondi de 87 % entre 2020 et 2024, avec des produits de qualité à des prix bien inférieurs à ceux des fabricants européens. (Photo iStock)

Par Emmanuel Grasland Publié le 26 mars 2026  LES ECHOS

C’était l’un des champions cachés dont l’Allemagne a le secret. Quatre générations d’entrepreneurs se sont succédé à la direction de Mayer & Cie depuis sa création en 1905. Installée à Albstadt, dans le Bade-Wurtemberg, la société a longtemps été le leader mondial des machines à tricoter circulaires. Elle a déposé le bilan à l’automne et ses 270 salariés ont reçu une lettre de licenciement en décembre dernier.

La liquidation devait intervenir ce mois-ci jusqu’à ce qu’une entreprise chinoise, Huixing, ne rachète la société à la toute dernière minute. Un destin emblématique du choc subi par le tissu industriel allemand avec la montée en puissance technologique de la Chine.

Plébiscité par les fabricants de textile de la planète pour la qualité de ses machines, Mayer & Cie a été laminé par la concurrence chinoise en quelques années. Son chiffre d’affaires s’est effondré de plus de 50 % depuis 2022. « On pourrait presque dire que les Chinois sont en train de nous dévorer tout crus », a expliqué son dirigeant, Benjamin Mayer, à la chaîne de télévision ZDF.

« Deuxième choc »

Dans le passé, les ETI ont toujours été le point fort du modèle allemand. L’Allemagne compte près de 1.600 acteurs de moins de 5 milliards d’euros de revenus qui sont soit numéro un européen, soit dans les trois premiers mondiaux, contre 350 aux Etats-Unis et 111 en France.

Mais après un premier choc lié à l’entrée de la Chine dans l’OMC au début des années 2000, l’Allemagne est aux prises avec « un deuxième choc chinois ». Le pays est attaqué sur ses piliers industriels, l’automobile, les machines industrielles ou les équipements électrotechniques. Jusqu’à 150.000 suppressions de postes supplémentaires sont attendues cette année par Gesamtmetall, la fédération patronale de la métallurgie et de l’électrotechnique.

Il faut bien comprendre que, depuis le plan « Made in China 2015-2025 », la Chine ne s’est pas contentée d’aider des grands groupes, mais est descendue en granularité. Des dizaines de milliards de yuans ont été mobilisés en direction des « petits géants », ces sociétés de haute technologie à très fort potentiel.

Environ 12.000 « petits géants » ont été identifiés par l’Etat et 98.000 sociétés high-tech de petite taille par les provinces. Tous ces acteurs ont été placés sous stéroïdes, avec l’objectif de remplacer les technologies occidentales. « C’est un pistolet pointé sur la tête du Mittelstand allemand », alerte le think tank allemand Merics, spécialisé sur la Chine.

Qualité à prix réduit

Largement composé d’ETI, le secteur de la machine-outil est directement touché par le phénomène, alors qu’il emploie plus d’un million de salariés. Entre 2020 et 2024, les exportations chinoises de machines vers l’Europe ont augmenté de 87 % pour atteindre 73,5 milliards d’euros, selon la fédération du secteur. Les hausses les plus marquées concernent les robots industriels (+265 %), les systèmes pour l’extraction minière (+253 %) et les machines d’emballage (+112 %). Ce n’est pas le prix seul qui fait la différence, mais la qualité offerte pour un prix nettement inférieur.

« Dans le moulage par injection, des entreprises telles que Haitian ou ZhenXing proposent des machines 30 à 40 % moins chères que les modèles européens, avec des temps de cycle comparables et des performances stables », soulignent Dirk Pfitzer et Christoph Remmers, de Porsche Consulting dans une note de recherche. Même tendance dans la découpe laser ou le contrôle-commande.

Dans son domaine, les machines de Mayer & Cie se vendaient à plus de 60.000 euros l’unité. Soit un prix trois fois supérieur à celui de la concurrence chinoise, alors que cette dernière ne cessait de gagner en qualité. A la Foire de Hanovre, la grand-messe industrielle qui a eu lieu en avril en Allemagne, les acteurs chinois sont de plus en plus nombreux.

VIDEO – Les Etats-Unis peuvent-ils se passer de la Chine (et inversement) ?

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