Coup dur pour l’industrie française : le verrier Arc demande son placement en redressement judiciaire, plusieurs milliers d’emplois en jeu
Le verrier nordiste, à la tête de l’une des plus grosses usines de France, fait état d’une « dégradation sévère et continue » de son environnement de marché. Un repreneur s’est déjà manifesté.
Par Anne Drif, Guillaume Guichard
Selon « La Voix du Nord », un comité social extraordinaire a eu lieu dans la matinée pour dévoiler la nouvelle aux représentants syndicaux. Le groupe bicentenaire, qui emploie encore près de 3.900 salariés dans son usine à Arques (Pas-de-Calais), a évoqué une « dégradation sévère et continue » de son environnement de marché.
« Des décisions difficiles »
Ce redressement judiciaire pourrait s’accompagner de nombreuses suppressions de postes. Un projet de reprise amical doit être présenté par Timothée Durand, petit-fils du patron emblématique du verrier, Jacques Durand. Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, et le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, doivent le rencontrer jeudi.
« Ce projet est financé, responsable, réaliste et tient compte de la situation du marché et des challenges d’Arc », estime dans un communiqué du groupe Nick Hodler, directeur général d’Arc France et beau-fils de Dick Cashin, l’actionnaire américain majoritaire depuis 2015.
Cependant, ce plan « implique aussi des décisions difficiles mais nécessaires pour assurer la pérennité d’Arc », prévient le dirigeant. Des sources proches du dossier évoquent qu’il faudra lancer un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) afin de « réduire la structure de coûts » et l’adapter à la baisse de volume enregistrée l’an dernier. « Il y a plusieurs centaines d’emplois qui sont clairement en jeu, ça pourrait être de l’ordre de 500 personnes », craint de son côté Frédéric Specque, délégué syndical central CGT chez Arc France cité par l’AFP.
Des efforts de l’Etat
Retour donc à la case tribunal de commerce pour Arc. Pas plus tard que le 9 avril dernier, les juges économiques de Lille avaient arrêté un plan de sauvegarde avec l’arrivée de deux nouveaux actionnaires minoritaires, Pascal Cagni et Patrick Molis. Ces derniers ont investi chacun à hauteur de 15 millions d’euros. Dick Cashin avait lui aussi refinancé l’entreprise.
La relance d’alors a fait long feu. Le plan de redressement, baptisé Arcadia, était censé relancer l’entreprise en mettant fin à la chasse aux volumes et aux produits à faible marge pour se concentrer sur une montée en gamme. Mais le marché des arts de la table aurait chuté de 15 % à 20 % l’an dernier, ce qui a « fortement pesé sur les résultats de l’entreprise et sur la trajectoire prévue », justifie l’entreprise dans son communiqué.

