Gestion de l’eau, qualité de l’air… que dit l’Autorité environnementale sur la future usine Safran, près de Rennes ?
Le géant de l’aéronautique Safran construit une nouvelle usine à Chartres-de-Bretagne, au sud de Rennes. Un projet soumis à autorisation environnementale. L’avionneur doit y démontrer que son projet intègre l’impact qu’il aura sur l’environnement. Un épais dossier passé au crible par les services de l’État.
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Les travaux ont commencé depuis plusieurs mois. Safran construit une usine de 25 000 m² sur le site de La Janais,
à Chartres-de-Bretagne, près de Rennes. Le géant français de l’aéronautique y fabriquera des pièces de moteurs d’avions civils et militaires.
Répertorié au titre des Installations classées pour la protection de l’environnement (IPCE), le site nécessite une autorisation environnementale. Dans ce cadre, une enquête publique est ouverte jusqu’au 9 mars 2026 pour permettre aux habitants de mieux comprendre le projet. Ils ont accès au dossier déposé par l’industriel et les recommandations de l’État en retour. Décryptage.
Quel impact sur l’eau potable ?
L’usine sera raccordée au réseau public. Safran estime sa consommation annuelle maximale
à 40 000 m³. Soit la consommation moyenne d’environ 750 personnes. L’entreprise précise que les eaux pluviales des toitures seront récupérées pour être réutilisées dans les sanitaires
et que les eaux industrielles seront recyclées au maximum
. Elle l’assure : Le projet ne présentera pas d’impact significatif sur la ressource en eau.
L’Autorité environnementale – chargée d’analyser l’impact environnemental du projet – relève pourtant qu’aucune analyse substantielle ne permet de justifier cette affirmation.
De même, les alternatives à l’utilisation d’eau potable pour les usages industriels ne sont pas examinées, alors que le projet intègre déjà une logique de zéro-rejet pour les effluents industriels.
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Quel impact sur la nappe phréatique ?
La question de la préservation de la nappe phréatique, qui coule juste en dessous de la future usine, interpelle l’autorité environnementale. Elle est particulièrement vulnérable en raison de sa faible profondeur (environ deux mètres) et de la forte perméabilité du sous-sol. Cette vulnérabilité a été confirmée par l’Agence régionale de santé avec la détection de trichloréthylène et de tétrachloréthylène dans deux des trois captages destinés à la production d’eau potable les plus proches du site.
L’autorité environnementale lui recommande d’aller plus loin et de réaliser une analyse des risques de dégradation de la qualité de la nappe et des risques sanitaires éventuels durant les phases de chantier, d’exploitation et en cas d’accident ».
Quel impact sur la qualité de l’air ?
Les premiers riverains de la future usine se trouvent dans le quartier de Saint-Jacques aéroport, à 125 mètres du site à vol d’oiseau. L’autorité environnementale s’interroge sur l’impact de l’usine sur la qualité de l’air. La principale voie d’exposition des populations est l’inhalation des polluants atmosphériques : poussières, métaux (nickel, aluminium, chrome et fluor…) ainsi que les composés organiques volatils », relève-t-elle.
Safran détaille une longue série de mesures prises pour limiter les rejets dans l’atmosphère et dit s’être engagée dans une démarche visant à interdire l’utilisation des produits dangereux tels que les CMR
(N.D.L.R. : substances chimiques qui présentent un caractère cancérogène), le cyanure, le cadmium et le chrome.
Pour l’industriel, le projet aura peu de conséquences sur la qualité de l’air ambiant ».
Des affirmations qui ne s’appuient sur aucune étude chiffrée »,
répond l’autorité environnementale. Elle recommande à l’entreprise de compléter son analyse par une évaluation quantitative et modélisée de la dispersion des polluants et de l’exposition des riverains, en particulier pour le nickel et le Chrome VI, au regard de leurs fortes toxicités ».
Ainsi que de mettre en place une surveillance des rejets atmosphériques dès les premiers mois de fonctionnement.
