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Elle coulait des hélices pour le monde entier, la Fonderie atlantique industrie ferme à Nantes |
La Fonderie atlantique industrie a frôlé plusieurs fois le naufrage. © FAI
La Fonderie atlantique industrie qui coule des hélices format XXL à Nantes, s’arrête, selon nos informations. C’est un partenaire stratégique de Naval Group.
Ils fabriquent des pales et des hélices depuis un siècle. Ils ont équipé des sous-marins du monde entier, des navires comme le porte-avions Charles de Gaulle ou le paquebot France.
Mais alors que les carnets de commandes des chantiers de l’Atlantique et de Naval Group débordent et promettent des lendemains rassurants, ce spécialiste d’un savoir-faire très particulier, tire sa révérence. La Fonderie Atlantique industrie, FAI, a connu ses heures de gloire, mais aussi de nombreuses périodes tourmentées et a frôlé à plusieurs reprises le naufrage.
L’annonce a été faite en début d’année, dans la plus grande discrétion, à la dizaine de salariés qui travaillent encore sur le site, quartier Chantenay, à Nantes, dans cette cathédrale de brique rouge qui était autrefois une centrale électrique. Cela faisait bien longtemps que l’usine n’embauchait plus des centaines d’ouvriers dans la fonderie, qui avait été créée au début du siècle dernier. Dans les années 1930, elle s’était spécialisée dans la fonderie de cuivre pour la construction navale, mais avait connu plusieurs cessations d’activités avant de renaître, rachetée par différents repreneurs. Depuis 2000, elle appartient au groupe situé en Moselle, les Bronzes d’industrie, 350 salariés, 50 millions de chiffre d’affaires.
Partenaire stratégique de Naval Group
La Fonderie Atlantique fait partie des très rares acteurs capables de produire des pièces de propulsion de haute technicité pour les navires militaires français,
estime un proche du dossier. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, la disparition d’un tel acteur interroge profondément
La fonderie, à force de maigrir, avait une capacité de production limitée et son carnet de commandes contenait pas mal de trous. De 2023 à 2024, le chiffre d’affaires est passé de plus de trois millions à deux millions et demi d’euros. Nous avons une activité en dent de scie,
admet le responsable du site. Et pas de visibilité à court terme, pour le premier semestre 2026.
Mais il ne dit mot de l’avenir des salariés. Licenciés ? Ni du devenir de cette activité.
En effet, la Fonderie est un partenaire industriel stratégique pour Naval Group. Elle fait partie de la Base industrielle et technique de défense, qui regroupe l’ensemble des entreprises nationales qui travaillent pour la Défense. Y aura-t-il un repreneur ? Où ces hélices seront-elles fabriquées demain ? Le groupe des Bronzes d’industrie, qui a pris la décision d’éteindre les fours, n’a pas donné suite à nos sollicitations, ce vendredi 6 mars.


