« Et là, tout a sauté » : 40 ans après l’explosion de Cégédur à Issoire, ceux qui ont vécu le drame témoignent
La date du 24 mars 1986 est liée à jamais l’histoire de la ville d’Issoire (Puy-de-Dôme). Il y a quarante ans, l’usine Cégédur, aujourd’hui Constellium, vivait son pire drame avec l’explosion d’un four qui a détruit une partie de la fonderie faisant quatre morts et une trentaine de blessés.
Par Jean-Baptiste Botella Publié le 24 mars 2026 La Montagne
Ils seront nombreux ce matin, vers 11 heures à se retrouver dans la cour de l’hôtel de ville d’Issoire pour se souvenir. Et commémorer ceux qui sont partis. Il y a pile quarante ans, le 24 mars 1986, une partie de la fonderie F110 de l’usine Cégédur d’Issoire, aujourd’hui Constellium, explosait. Trois bâtiments de 15 mètres de haut et de 200 mètres de long étaient entièrement dévastés faisant quatre morts et une trentaine de blessés.
À deux minutes de la mort
Il était autour de 17 h 50 ce jour-là quand Olivier Montmory, 26 ans à l’époque, se trouvait dans la fonderie. « J’étais parti pour remettre le chariot à sa place avant de me rendre au casse-croûte. Et là, j’entends un grand boum ! »

Par chance, le jeune homme se trouve derrière un mur qui le protège du souffle de l’explosion. « À moins de deux minutes près, j’y passais. Ce n’était pas encore mon heure », souffle-t-il, avec émotion.
Quatre décennies après cette explosion causée par la foudre, il garde en mémoire sa sortie d’un bâtiment ravagé. « Il y avait des tôles qui volaient de partout avec le vent. » Olivier jette alors un œil derrière lui. « Les bâtiments étaient éventrés, il n’y avait plus aucun carreau dans l’usine. » Tout avait été soufflé. Olivier se regroupe avec les salariés présents à ce moment dans l’usine près du laboratoire.
« On s’est vite rendu compte qu’il manquait quatre gars »
À plusieurs kilomètres de là, son épouse Nicole apprend la nouvelle dramatique à la télévision. « On a vu qu’il y avait eu cette explosion, mais on ne savait rien. J’étais avec ma mère. Il y avait Olivier, mon père et mon frère qui travaillaient sur place. On a essayé d’appeler l’usine à plusieurs reprises, mais personne ne répondait. » Les trois salariés rentreront sains et saufs quelques heures plus tard, marqués à jamais. « Pendant des années, lorsque je retournais à l’usine et qu’il y avait un peu d’orage, ça faisait drôle », confie Olivier. Tout comme lorsque approche la date du 24 mars. « Chaque année, j’y pense beaucoup. J’ai en tête tous ces fondeurs qui sont partis… »
