C’est une info ICI Touraine : la fonderie d’Abilly, dans le sud d’Indre-et-Loire, a été placée en liquidation judiciaire le 6 janvier dernier. C’est la fin d’une histoire commencée en 1822. Quinze personnes travaillent dans cette usine où sont produites des pièces en fonte de toutes sortes.
Placée en redressement judiciaire depuis avril 2025, la fonderie d’Abilly, dans le sud-Touraine, a été placée en liquidation judiciaire le 6 janvier dernier, après plus de 200 ans d’existence. La justice a autorisé l’activité à se poursuivre pendant un mois, le temps de livrer les derniers clients. Quinze salariés y façonnent des pièces en fonte de toutes sortes, aussi bien des poignées de portes que des pièces pour un sous-marin français ou une centrale nucléaire chinoise.
Si la société Abilly Fonderie ferme, ce n’est pas par manque de travail, souligne la directrice financière : « On a du travail, même si ça s’est ralenti en 2025. Au niveau des commandes, on a deux à trois mois d’avance mais aujourd’hui, l’outil de travail est vétuste », admet Régine Marchoux. »Depuis les années 2000, il y a eu un manque d’entretien, mais un manque de trésorerie aussi ».
Plusieurs éléments ont plombé les comptes de la fonderie d’Abilly depuis 2020, mais selon Arnaud Hermant, qui gère l’entreprise depuis 2018, le coup le plus dur a été l’augmentation du tarif de l’électricité. « On est passé en 2022 d’une facture annuelle d’électricité de 122.000 euros à 560.000 euros. Le Covid-19 ne nous a pas aidés non plus. Et puis aujourd’hui, la guerre en Ukraine a bon dos puisque les pièces de maintenance ont augmenté de 200 à 300 % ».
500.000 euros seraient nécessaires pour remettre la fonderie en état. Aucun repreneur n’a proposé sa candidature. Parmi les 15 salariés qui vont se retrouver sans emploi, il y a Patricia et son compagnon. Elle travaille ici depuis 21 ans, lui depuis 38 ans : « C’est vrai que ça fait mal au cœur parce qu’on n’était pas mal dans cette entreprise. J’ai appris mon métier ici, sur le tas et ça m’a toujours plu. On est une petite équipe mais on se sert les coudes. Ça va faire mal au cœur le dernier jour, c’est sûr ». Un sentiment partagé par Franck Brunet, 47 ans, dont 28 ans dans l’usine : « Il y avait une belle structure. C’est dommage qu’on n’ait pas eu les moyens de pouvoir avoir des finances pour remettre à jour notre outil de travail, parce qu’il y avait vraiment un sérieux potentiel ici. On pouvait être réactif, faire de la petite comme de la grande série et même des pièces à l’unité. C’est dommage de perdre ça. On avait vraiment un savoir-faire ».
