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mardi 10 Fév, 2026
Catégorie : Economie

Ces 5 chantiers titanesques qui doivent réveiller la compétitivité européenne

Ces cinq chantiers titanesques qui doivent réveiller la compétitivité européenne

Face à la concurrence mondiale, l’UE prépare des réformes ambitieuses pour relancer son économie. Simplification des normes, soutien à l’industrie et indépendance stratégique seront au menu de la « retraite » informelle des Vingt-Sept, ce jeudi en Belgique.

La Commission prépare un acte pour « l'accélération industrielle » destiné à établir des critères clairs du made in Europe, cheval de bataille français depuis des années.
La Commission prépare un acte pour « l’accélération industrielle » destiné à établir des critères clairs du made in Europe, cheval de bataille français depuis des années. (Photo Patrick Pleul/DPA Picture-Alliance via AFP)

Par Fabienne Schmitt   Publié le 10 févr. LES ECHOS

L’Europe joue gros. Face à une Amérique de plus en plus protectionniste et une Chine surproductive, l’UE doit repenser de fond en comble son modèle économique. Cinq chantiers structurants émergent des discussions préparatoires à la « retraite » informelle des Vingt-Sept, le 12 février, au château d’Alden Biesen, en Belgique. Tour d’horizon de ces « dossiers chauds » qui vont occuper les capitales pendant des mois.

1. Made in Europe, la préférence qui divise

C’est le dossier le plus explosif. La Commission prépare un acte pour « l’accélération industrielle » destiné à établir des critères clairs du made in Europe, cheval de bataille français depuis des années. Mais ses modalités divisent profondément Etats membres, industries et jusqu’au sein même de la Commission. La France veut réserver l’argent public européen aux industries du continent, quand l’Allemagne, l’Italie, la Suède et les pays nordiques craignent qu’un carcan trop rigide n’étouffe la croissance.

Lundi, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a reconnu dans un courrier adressé aux Vingt-Sept la nécessité d’une préférence européenne pour « créer des marchés pilotes dans les secteurs stratégiques et soutenir la montée en puissance des capacités de production ». Reste à définir les contours précis : quels secteurs, quelle proportion de composants européens exigée dans chaque filière ? Le diable, comme toujours, se cache dans les détails.

2. Simplification : la guerre à la « surtransposition »

C’est le cheval de bataille de l’Allemagne et de l’Italie, qui réclament une « retenue législative » drastique. Bruxelles a déjà sorti dix « paquets omnibus » censés économiser 15 milliards par an en éliminant la paperasse.

Mais Ursula von der Leyen veut aller plus loin avec un « grand nettoyage réglementaire » pour supprimer « dispositions obsolètes, chevauchements, incohérences et exigences redondantes », dit-elle dans sa lettre. Elle promet aussi de s’attaquer au fléau de la « surtransposition », cette manie des Etats d’en rajouter une couche lors de la transcription des directives européennes.

3. Le marché unique enfin achevé ?

C’est tout le paradoxe européen : 450 millions de consommateurs, le plus vaste marché au monde, mais toujours morcelé. Des règles nationales divergentes et l’application inégale des directives entravent les échanges et les flux de capitaux entre Etats membres, notamment dans des secteurs stratégiques comme les télécoms, l’énergie, la finance ou le droit des sociétés.

Pour briser ces cloisonnements, la Commission mise sur le « 28e régime » : une proposition attendue mi-mars permettrait de créer une société capable de commercer, d’investir et de lever des capitaux dans l’ensemble des Vingt-Sept en 48 heures via un formulaire numérique.

L’énergie reste le talon d’Achille. Ursula von der Leyen veut accélérer les « autoroutes énergétiques » transfrontalières et prépare un Livre blanc pour approfondir l’intégration du marché électrique. Surtout, elle s’engage à « considérablement intensifier » le contrôle de l’application des règles du marché unique, avec des sanctions rapides contre les Etats récalcitrants.

4. L’union des marchés de capitaux, le serpent de mer

Vitale pour retenir l’épargne européenne – 300 milliards fuient chaque année vers les Etats-Unis -, l’union des marchés de capitaux piétine depuis plus d’une décennie. Son objectif : mobiliser les 800 milliards d’euros annuels jugés nécessaires par Mario Draghi pour financer le numérique et la transition écologique, voire 1.200 milliards avec la défense.

Malgré les divisions entre Vingt-Sept, Bruxelles ambitionne de déployer d’ici à 2027 son programme controversé qui transfère davantage de pouvoirs à l’Autorité européenne des marchés financiers pour unifier les marchés fragmentés. En parallèle, l’UE révisera sa réglementation bancaire d’ici à fin 2026.

5. Réduire la dépendance aux matières premières critiques

C’est le volet le plus géopolitique. Terres rares, technologies critiques, énergie, numérique, finance, défense : les vulnérabilités européennes sont béantes. L’UE doit élaborer une stratégie industrielle d’investissement et de réduction des risques systématique.

Bruxelles a dévoilé, fin 2025, un plan visant à réduire la dépendance critique envers la Chine dans les terres rares et qui promeut une autorité centrale d’achat inspirée du modèle japonais. Et mène parallèlement une diplomatie active des minerais (Etats-Unis, Afrique du Sud, Argentine, Brésil). Malgré ces efforts, la Cour des comptes européenne a alerté début février sur le retard pris, rendant les objectifs 2030 difficiles à atteindre.

Fabienne Schmitt (Bureau de Bruxelles)

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