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Arnaud Delaigue bichonne les clous d’Orléans

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Arnaud Delaigue bichonne les clous d’Orléans : rencontre avec ce bronzier d’art installé à Saint-Jean-le-Blanc

Installé à Saint-Jean-le-Blanc depuis 2011, Arnaud Delaigue est en train de peaufiner 200 clous d’Orléans. Dans son atelier, on découvre également des œuvres à qui il donne vie ou qu’il restaure afin de leur rendre leur lustre d’antan en les repatinant. Un savoir-faire « vivant » aux multiples facettes.

Par Alexis Marie

Publié le 25 février 2026 à 09h01

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Le clou d’Orléans, fruit du travail du plasticien Yann Hervis, constitue l’emblème du cœur de la ville. La silhouette d’une Jeanne d’Arc au galop, brandissant sa bannière à deux pointes synthétise le dynamisme de la cité johannique.

La graphie des trois noms de la ville – Cenabum, Aurelianis et Orléans – rappelle trois épisodes de la vie d’Orléans et de l’histoire nationale. Sans oublier la Loire, présente dans la longue bannière de Jeanne flottant au vent. Un emblème qui est même à vendre à l’office de tourisme.

Deux cents clous

Comme son nom l’indique, les grands clous ornent les passages cloutés, autrement dit piétons, du centre-ville. Quant aux petits clous, ils sont placés autour des terrasses. Toujours est-il que ces points de repère dans le sol sont en bronze et que leur renouvellement est assuré par Arnaud Delaigue, bronzier d’art installé à Saint-Jean-le-Blanc depuis 2011. Il planche actuellement sur 200 clous, 100 grands et 100 petits.

Après un passage par une fonderie française, l’artisan d’art reçoit les pièces en mode brut de décoffrage. Le bronze étant composé à 80 % de cuivre, elles ont un aspect rosé. À défaut d’être un alchimiste, Arnaud Delaigue transforme la couleur des clous en les passant au révélateur d’une ponceuse qui a pour effet d’abraser la surface. Et comme dans le bronze, il y a aussi de l’étain (10 à 12 %), le clou dévoile une teinte dorée.

« C’est le même principe que chez le dentiste, en plus gros »

Il utilise ensuite un marteau spécial et des ciselets pour rendre les lettres des clous encore plus visibles. Avant de protéger les pièces en les patinant de manière chimique puis thermique. Elles pourront alors être soumises aux aléas de la vie quotidienne, des pas et des roues qui vont les fouler, encore et encore.
« La fonte, c’est extrêmement précis. Mais on perd un peu en définition… Bronzier d’art, c’est aussi de la patine, l’ébarbage avec des fraises. J’en ai beaucoup pour faire des tailles, des textures. J’ai besoin de recréer la matière. C’est le même principe que chez le dentiste, en plus gros. On fait tout. Idem en fonderie d’art. Il y a plein de métiers. Il faut savoir faire du sablage par exemple », énumère Arnaud Delaigue.

En plus de travailler pour les mairies, l’artisan restaure des bronzes pour des particuliers et des professionnels. 80 % de sa clientèle est basée en région parisienne. Tout en participant aux créations d’artistes comme celles de Marie-Paule Deville-Chabrolle, celle-là même qui a imaginé le buste de la Marianne de l’an 2000 en ayant pour modèle Laetitia Casta.

« L’artiste a créé une terre, une dynamique. Il faut retrouver cet esprit. On n’est pas dans la création mais dans la reproduction la plus fidèle possible de ce qui a été imaginé », signale Arnaud Delaigue.

« S’il a fait les cheveux avec des outils hyper fins, on essaie de retrouver ça, de refaire les yeux, la bouche »
Arnaud Delaigue

En ce qui concerne Marie-Paule Deville-Chabrolle, l’artisan estime qu’elle est l’une des dernières à faire dans le beau, le figuratif, l’intemporel. D’ailleurs, dans son atelier, il est en train de peaufiner une statue en bronze, dorée, d’une jeune femme, allongée sur le ventre, les pieds en l’air, croisés.

« C’est un travail collaboratif »

On a l’impression qu’elle est vivante, qu’elle dégage quelque chose. « C’est un travail collaboratif. Il faut ressentir un feeling, y compris avec le fondeur, une sensibilité », formule Arnaud Delaigue.

Outre les différentes facettes de son métier, basées sur un savoir-faire ancestral, l’artisan évoque l’irruption du numérique dans ses pratiques afin de refabriquer, de reconstituer un élément perdu. À l’image d’une main d’une statue qui aurait disparu du paysage et dont plus personne ne retrouve la trace.

Et puis Arnaud Delaigue peut compter sur Nadège, sa compagne, qui s’occupe de tout le reste, notamment au niveau administratif et commercial. Elle est celle qui effectue les tâches qu’on a tendance à oublier quand on parle artisanat d’art. Sauf qu’il suffit d’évoquer les pièces à obtenir et à remplir lorsque les œuvres partent à l’étranger. Un poème, aussi, mais d’un autre genre !

Arnaud Delaigue est aux petits soins pour les clous d’Orléans qui vont prendre place dans le centre-ville.
Les clous arrivent de la fonderie avec un aspect rosé, avant qu’Arnaud Delaigue leur donne une teinte dorée.
L’artisan utilise de nombreuses fraises pour faire des tailles et des textures.
Quand il travaille sur une oeuvre, Arnaud Delaigue s’évertue à retrouver l’esprit de l’oeuvre.
Le bronzier est épaulé dans sa tâche par Nadège, sa compagne, qui s’occupe des parties administrative et commerciale.

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